Openai lâche la bombe : sa dépendance à microsoft devient un risque stratégique

OpenAI vient de déclarer à ses propres investisseurs que son alliance avec Microsoft pourrait se retourner contre elle. Le document confidentiel, obtenu par CNBC, évoque pour la première fois une « concentration excessive » sur Azure et une rupture possible qui paralyserait l’accès aux puces et aux data centers nécessaires à ChatGPT.

Un partenaire trop gros

La start-up valorisée 157 milliards de dollars admet que Microsoft fournit « la majeure partie de sa puissance de calcul et de sa trésorerie ». Traduction : sans les serveurs d’Azure, l’inférence de GPT-4o s’effondre, les API deviennent inaccessibles et les 400 millions d’utilisateurs hebdomadaires se retrouvent face à une page blanche. Le géant de Redmond a même orchestré le lancement simultané de Copilot, copiant les fonctionnalités phares de ChatGPT dans sa suite Office. Résultat : OpenAI touche des revenus, mais paie aussi la concurrence de son propre créateur.

La clause qui tue est cachée page 19 du mémo : si Microsoft réduit ses crédits cloud ou révise les tarifs, OpenAI devra « réduire ses coûts ou augmenter ses prix », ce qui revient à saborder sa propre croissance. Le même paragrapite prévoit un scénario catastrophe : un litige commercial ou un changement de stratégie chez Microsoft déclencherait « une interruption matérielle de nos services ». Les investisseurs ont entendu « risque de mort subite ».

La course aux 10 milliards supplémentaires

La course aux 10 milliards supplémentaires

La mise au point tombe au plus mauvais moment. OpenAI boucle une série F historique de 110 milliards de dollars menée par Thrive Capital, Nvidia et SoftBank, et cherche déjà 10 milliards de plus pour financer la fabrication de ses propres puces. Objectif affiché : réduire la dépendance à Nvidia et à Microsoft d’ici 2026. Problème : le fondeur taïwanais TSMC, seul capable de graver les GPU Hopper en masse, se trouve à 180 km des côtes chinoises. Le moindre incident géopolitique couperait l’approvisionnement de ChatGPT en quelques semaines.

Le document évoque aussi le procès intenté par xAI d’Elon Musk, qui réclame l’annulation de la gouvernance « à but lucratif » d’OpenAI. Si la justice donne raison à Musk, la structure captable de capitaux actuelle s’effondrerait, forçant Sam Altman à retourner vers… Microsoft pour un rachat total. Ironie : le sauveur d’hier deviendrait le propriétaire de demain.

Acquisition astral : le pari codé

Acquisition astral : le pari codé

Pour se donner une chance, OpenAI va débourser 1 milliard pour racheter Astral, start-up spécialisée dans les environnements de développement intelligents. L’idée : intégrer un assistant de code proprio à ChatGPT et réduire la dépendance aux logiciels de Microsoft GitHub Copilot. Le message est clair : on peut vivre sans Azure, mais pas sans logiciels.

Reste la question des utilisateurs. Chaque jour, 1,3 milliard de requêtes passent par des serveurs Microsoft. Si la facture Azure double, le coût marginal par token explose et les prix des API grimpent de 30 % d’un seul coup. Les développeurs fuiront vers des modèles open source hébergés ailleurs. Le monopoly se retournera contre le monopole.

OpenAI a donc 18 mois pour diversifier ses fournisseurs cloud, finaliser ses propres puces et convaincre la SEC qu’elle peut tenir sa promesse de 100 milliards de revenus annuels d’ici 2030. Le chronomètre tourne. Et Microsoft, actionnaire à 49 %, regarde.