Trump recule sur l'iran et déclenche un séisme boursier en cinq jours
En l'espace d'un week-end, Donald Trump est passé de la menace de frapper les centrales électriques iraniennes à l'annonce de négociations secrètes et d'un ultimatum de cinq jours pour rouvrir le détroit d'Ormuz. Wall Street a applaudi, le Brent a plongé de 7 % et les réseaux sociaux ont explosé. Le président américain affirme que Téhéran a « déjà accepté » de remettre son stock d'uranium enrichi. Téhéran crie au « mensonge ». Entre les deux, les capitales du Golfe oscillent entre soulagement et paranoïa.
Les coulisses d'un revirement dicté par riyad et la city
À 3 h 13, heure de Washington, Trump publie son message apaisé. Dix-sept minutes plus tard, l'indice S&P 500 décolle de 2,1 %. La raison ? Des appels nocturnes, révèlent trois diplomates, passés depuis Abou Dhabi et Riyad au bureau ovale. Le message était clair : frapper l'infrastructure électrique iranienne, c'était risquer de transformer la péninsule arabique en tableau d'apocalypse. Riyad a même laissé filtrer qu'il riposterait si ses turbines étaient touchées. Résultat : la Maison-Blanche a changé de disque, au plus fort d'une négociation sur les quotas pétroliers qui doit définitivement tuer le prix du baril.
Derrière le rideau, le Pakistan, l'Égypte et la Turquie servent de boîte noire. Islamabad assure avoir transmis « plus de vingt messages » depuis samedi. Le général Asim Munir a parlé deux fois avec Trump, le président iranien Pezeshkian avec le premier ministre pakistanais. Le tout sous le regard d'Israël, qui n'a pas caché sa frustration : une heure après la trêve annoncée, Tsahal promettait de frapper « le cœur de Téhéran ». Jérusalem ne croit ni à la pause ni à la paix.

L'iran nie, les bourses dansent
Le ministère iranien des Affaires étrangères a qualifié l'annonce de « propagande boursière ». Le président du Parlement, Ghalibaf, a parlé de « fake news pour faire sauter le prix du pétrole ». Pourtant, à Téhéran, les courtiers ont déjà vendu plus de 400 millions de dollars d'actions pétrolières lundi matin. À Dubaï, les traders parient sur un retour à 65 $ le baril si Ormuz rouvre. Le signal est devenu plus fort que la réalité : les algorithmes ont lu « négociation » et ont déclenché des ventes massives de call options sur le Brent.
Jonathan Panikoff, ancien du renseignement américain, résume la crainte à Washington : « Si Téhéran considère que sa menace a fait plier Washington, il réitèrera. » Le risque ? Une validation de la doctrine du chantage énergétique. Le Pentagone, lui, a déjà calculé qu'une panne de 48 heures sur les centrales iraniennes couterait 1,2 million de barils par jour à l'exportation mondiale. Une estimation que Trump a balayée d'un tweet : « Le pétrole baissera encore plus quand l'accord sera signé. »
Reste la question de la vérification. Qui contrôlera Ormuz ? Trump répond en aparté : « Peut-être moi et l'ayatollah. » Le détroit reste miné, les drone-boats iraniens en position, et la 5e flotte américaine en état d'alerte maximale. Les cinq jours promis expirent vendredi à l'aube. Aucun cessez-le-feu total n'est prévu. À Tel-Aviv, on résume l'ambiance : « On bombarde toujours, on négocie quand même. » La guerre, en somme, continue ailleurs, pendant que les traders comptent les heures et que la planète pétrolière retient son souffle.
