Iger ferme le rideau, d’amaro écrit la suite : disney se recompose sous haute tension

Il a dit « merci ». Et puis il a disparu. Mercredi, Bob Iger a claqué la porte du bureau qu’il occupait depuis 2005, laissant derrière lui un empire sept fois plus gros qu’à son arrivée. La phrase est courte, l’époque est longue : 52 ans chez disney, deux mandats de CEO, 100 milliards de dollars d’acquisitions, un parcours qui a commencé en 1974 avec un salaire de stagière et s’achève en 2026 avec un titre d’« advisor » et des actions à 178 USD pièce.

Le relais est pris par Josh D’Amaro, 55 ans, visage bronzé des parcs, bras droit de l’ombre depuis 28 ans. Pas un énarque, pas un financier : un ops. Un mec qui sait faire tenir 12 000 cast members dans 40 km² de Floride sans qu’une file d’attente dépasse 90 minutes. Le conseil d’administration a parié que cette discipline-là suffirait à tenir tête à la fusion Paramount-Skydance-Warner qui vient de redessiner la carte de la production mondiale.

Le livre de bord de d’amaro : streaming, parcs et une seule marque

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Dès sa première call avec Wall Street, le nouveau patron a évacué le suspense. Pas de pivot stratégique, pas de « transformation profonde ». Trois leviers : disney+ devient la plaque tournante unique des États-Unis (fusion complète avec Hulu fin 2026), les parcs vont doubler leur CA opérationnel d’ici 2028, et l’intelligence artificielle servira à créer des attractions en temps réel, pas à remplacer les scénaristes. Le mot est lâché : « Nous ne sacrifions pas les univers sur l’autel de l’algo ». Traduction : pas de Marvel généré par GPT-5 au cinéma.

La feuille de route cache une autre guerre : celle du recrutement. Dana Walden, ex-20th Television, prend la présidence créative. Elle aura la main sur les studios, les séries, les news. Coup de poker : rapatrier la création sous le même toit que les parcs, histoire qu’un rideau Avatar sorte en même temps qu’un film, qu’un Star Wars land débarque en Europe le même week-end que la série sur Disney+. Le tout piloté par une seule table de prévisualisation numérique à Burbank. Objectif : réduire de 30 % le time-to-market des grosses licences.

Le marché a applaudi : +4,8 % après l’annonce. Puis il a repris sa respiration. Car le vrai risque est ailleurs. Netflix vient de signer un partenariat avec Epic Games pour du contenu interactif temps réel. Apple planche sur un casque mixte à 1 499 USD qui pourrait avaler la moitié des recettes des parcs en une décennie. Et puis il y a la dette : 46 milliards de dollars, héritée de Fox, qui font de Disney le studio le plus endetté d’Hollywood. D’Amaro le sait : il aura dix-huit mois pour faire croire aux investisseurs que Mickey peut encore faire rêver sans faire saigner le bilan.

Le 31 décembre 2026, Iger rendra sa carte. Entre-temps, il restera « consultant » avec un bureau vue sur le lac Buena Vista. Officiellement, il conseillera sur la « vision à long terme ». Officieusement, il gardera un œil sur la succession de D’Amaro, déjà. Car à Disney, on ne part jamais vraiment. On change de costume.