Meta enterre le metaverse : fini horizon worlds sur quest
Meta retire Horizon Worlds de ses casques Quest à partir du 15 juin. Une claque supplémentaire pour le rêve immersif de Mark Zuckerberg, déjà laminé par des milliards de dollars perdus et des plans sociaux à répétition.
Reality labs saigne, le metaverse s’effondre
La nouvelle est tombée mardi dans un post de support technique, presque enterré dans la section « mises à jour ». A partir de la mi-juin, plus possible de créer, publier ou même visiter un monde virtuel depuis un casque Quest. Les quelque 300 000 utilisateurs mensuels d’Horizon Worlds se retrouvent relégués sur la version mobile, réduite à une appli 2D sans grand intérêt.
En coulisses, Reality Labs — la division réalité virtuelle de Meta — a perdu 1 000 postes en janvier, un tiers des effectifs. Studios de jeux fermés, budgets gelés, capes jetées aux orties. Andrew Bosworth, le CTO, l’assume : « Nous priorisons les expériences mobile et l’IA générative. » Autant dire que le métaverse, ce continent promis il y a trois ans, vire au terrain vague.
Le chiffre est brutal : 46 milliards de dollars déjà flambés dans Reality Labs depuis 2019. Résultat ? Un taux de pénétration dérisoire : moins de 1 % des possesseurs de Quest ouvrent Horizon Worlds chaque mois. Les investisseurs râlent, les associations de protection de l’enfance dénoncent des espaces mal modérés, et les développeurs fuient vers des plateformes moins contraignantes.

Zuckerberg tourne la page, l’ia vole la lumière
Souvenez-vous : octobre 2021, Facebook devient Meta, le nom rappelle « metaverse ». Zuckerberg y croyait si fort qu’il a filmé sa petite famille en avatar digital, sourire béat devant une Eiffel Tower en polygones. Deux ans plus tard, le même homme consacre ses keynotes à Llama, son modèle linguistique, et aux nouvelles Ray-Ban Meta, des lunettes qui filment et traduisent en temps réel.
Le virage est consommé. Les équipes hardware recentrent leurs prototypes sur des capteurs biométriques et des puces dédiées à l’inférence IA. Le prochain Quest, prévu fin 2024, mettra en avant le « mixed reality » plutôt que les mondes exclusivement virtuels. Horizon Worlds ? Survivra peut-être comme socle technique, mais plus comme vitrine.
Lo que nadie cuenta es que cette mise à mort calme un contentieux réglementaire. La FTC américaine pressait Meta sur la collecte de données biométriques dans les mondes VR. En rabattant les utilisateurs vers mobile, l’entreprise réduit sa surface d’exposition légale. Exit les contraintes de modération en temps réel, les rapports COPPA, les accusations de « terrain de harcèlement ». Une belle opération de vernis éthique.
Reste la question du long terme. Les 25 millions de Quest vendus depuis 2019 forment une base installée colossale, mais orpheline de contenu first-party. Les éditeurs tiers hésitent à investir dans des SDK dont le propriétaire laisse planer le doute. Résultat : un effondrement des parcours utilisateur, des sessions qui s’effilochent, et un écosystème qui ressemble de plus en plus à celui de la PS Vita — console culte, mais morte commerciale.
Meta enterre donc le metaverse sans même un énième méa-culpa public. Pas de tweet larmoyant, pas de vidéo « reconstruisons ensemble ». Juste une ligne de changelog et des portes qui claquent dans Reality Labs. Le futur, apparemment, se portera ailleurs. Et il sera moins virtuel que promis.
