Harmonyos débarque sur pc: chromeos en ligne de mire d’ici 2027

ChromeOS n’a même pas le temps de souffler. HarmonyOS, l’OS maison de Huawei, multiplie par neuf sa base d’ordinateurs en douze mois et vise le podium mondial avant même que Google ne mette à jour son calendrier de patchs.

Du frigo au pc: la revanche de l’écosystème rouge

Huawei n’a jamais caché son credo: un seul noyau, tous les écrans. Jusqu’ici réservé à montres, voitures et téléviseurs, HarmonyOS saute désormais sur les portables. Le résultat ? Un million de machines en circulation, contre 120 000 un an plus tôt. La courbe fait dresser l’oreille aux analystes de Counterpoint : si elle se prolonge, ChromeOS – troisième du marché – passe sous le coude chinois fin 2027.

Derrière ce bond, pas de miracle, une sanction. L’embargo américain de 2019 a privé Huawei des services Google. L’entreprise a transformé la contrainte en feu de forges : 10 000 ingénieurs déplacés sur l’OS, 4 milliards de dollars investis, chaîne d’approvisionnement silicon et système refaits zéro. Résultat : un kernel maison, OpenHarmony, qui ne paie plus de licence à personne.

Le pari chinois: quand le marché local devient forteresse

Le pari chinois: quand le marché local devient forteresse

60 % des PC vendus en Chine sont désormais fabriqués par des marques locales – Lenovo, Hasee, Founder – toutes courtisées par Huawei avec une offre simple : un OS gratuit, un kit de migration en deux clics et une boutique d’applications déjà peuplée de 50 000 titres. Le tout garanti sans mise à jour forcée ni abonnement cloud. Pour les éditeurs chinois, c’est la promesse d’échapper à la taxe Google de 30 %.

Au-delà du prix, HarmonyOS apporte une fonction qui fait saliver les DSI d’Asie : la continuité. On commence un document sur le téléphone, on le termine sur le PC sans sauvegarder. Le protocole SuperDevice synchronise même le presse-papiers et les onglets du navigateur. Apple a AirDrop, Huawei a cela – et le tout fonctionne sur machines à 400 euros.

L’occident reste mur, mais la faille est ouverte

L’occident reste mur, mais la faille est ouverte

En Europe et aux États-Unis, pas de date de lancement. Pourtant, l’équipe Paris de Huawei teste déjà des portables HarmonyOS avec clavier AZERTY. Leur plan ? Viser d’abord les écoles et les administrations – les deux segments où ChromeOS a le plus progressé. Le ministère de l’Éducation italien vient de lancer un appel d’offres “OS non américain” : Huawei a déposé le dossier.

Google ne se voile pas la face. Internes au sein de l’équipe ChromeOS parlent d’un “projet Atlas”, réécriture complète de leur système pour le rendre plus modulaire, plus rapide, moins dépendant du cloud. L’objectif : tenir jusqu’à l’arrivée d’HarmonyOS sur le vieux continent. Leur arme ? Une base installée de 35 millions de Chromebooks dans les écoles américaines. Une forteresse, certes, mais bâtie sur du sable si les budgets publics basculent.

La guerre est lancée. D’un côté, un géant américain assis sur la publicité et le cloud. De l’autre, un chinois qui a appris à vivre sans Google et veut exporter sa recette. Entre les deux, le marché des OS pour PC, moribond depuis dix ans, redevient soudain respirable. ChromeOS a deux ans pour inventer sa version 3.0. Sinon, il deviendra la case “autre” des graphiques 2028.