Négociations au zéro: le dialogue pakistanais-iranien coincide
L’ambiance était tendue à Islamabad, mais les attentes étaient pourtant palpables. Une première rencontre directe en plusieurs décennies entre le Pakistan et l’Iran, censée apaiser les tensions persistantes, s’est soldée par un échec cuisant. Après plus de vingt heures de pourparlers intenses, les deux délégations ont reconnu l’absence de progrès, révélant la profondeur du conflit et les obstacles majeurs à une nouvelle ère de dialogue.
Un échec qui remet en question l’horizon
Cette défaillance soulève des interrogations quant à la possibilité de trouver une solution durable à cette guerre de six semaines, déjà responsable de milliers de morts et d’une crise énergétique mondiale. Le vice-président américain, JD Vance, a tranché : les négociateurs rentreront aux États-Unis sans accord, après que l’Iran ait refusé de s’engager à ne pas développer d’armes nucléaires. Une position inflexible qui confirme la complexité des enjeux et la distance entre les deux parties.
En Iran, les médias qualifient d’« excessives » les exigences américaines, bien qu’un porte-parole du ministère des Affaires étrangères ait laissé entrevoir une ouverture à de nouvelles discussions. Vance, lui, a été catégorique : « Nous avons clairement défini nos lignes rouges, nos points de cession et nos non-négociables. Malgré cela, l’Iran a choisi de ne pas accepter nos conditions. »

Les conséquences économiques imminentes
Le président Trump, pour l’heure, ne s’est pas exprimé sur les résultats de ces négociations, préférant annoncer un blocage naval dans les médias sociaux. Goldman Sachs, quant à elle, alerte sur un « choc énergétique douloureux », potentiellement comparable à la crise pétrolière des années 80. Les marchés financiers pourraient réagir vivement dès lundi.
Nick Twidale, analyste principal chez AT Global Markets, évoque une « désillusion progressive » : « L’espoir s’était légèrement renforcé la semaine dernière, mais on risque de revenir aux niveaux de cotation observés avant l’annonce de l’accord de cessez-le-feu. »

Controverses et menaces
Le redressement virtuel du détroit d’Ormuz par l’Iran, voie maritime stratégique pour une part importante du commerce pétrolier mondial, et les affrontements persistants entre Israël et le Hezbollah au Liban ont été au cœur des différends. L’équipe technique, constituée après une heure de discussions initiales, s’est concentrée sur ces points sensibles. Il est clair que les 71 membres de la délégation iranienne, menée par le président du Parlement Mohammad-Bagher Ghalibaf, ont clairement exprimé leurs positions.
Les négociations ont débuté samedi à 17h30 à Islamabad. Les enjeux sont multiples : le prolongement de l’accord de cessez-le-feu, le levée progressive des sanctions et, plus fondamentalement, la question du détroit d’Ormuz. Selon Tasnim, l'agence de presse iranienne, les États-Unis avaient exigé des concessions qui n’ont pas été obtenues, notamment en matière de détroit d’Ormuz et de retrait des matières nucléaires.
