Guerre en ukraine : moscou récolte des bénéfices inattendus grâce au chaos
Alors que l'Ukraine continue de résister à l'agression russe, un effet secondaire surprenant émerge : Moscou tire profit des tensions géopolitiques, notamment grâce au conflit israélo-iranien. Loin de l'effondrement économique prédit, la Russie voit ses revenus exploser sur des marchés aussi divers que le pétrole, le gaz, les céréales, l'aluminium et les engrais. Un renversement de situation qui pourrait avoir des conséquences durables sur l'équilibre mondial.
Le contrôle du détroit d'ormuz, un jackpot pour la russie
La récente escalade entre Israël et l'Iran a créé un effet domino inattendu. Le contrôle exercé par Téhéran sur le détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour le transport du pétrole, a freiné les flux, propulsant le prix du pétrole russe Urals à des niveaux records. Mais l'impact va bien au-delà du pétrole. Ce détroit est également vital pour le transport de gaz naturel liquéfié (GNL) et de certains engrais. La raréfaction des approvisionnements a donc entraîné une flambée des prix : l'aluminium a crû de 12 %, l'urée de près de 75 % depuis le début du conflit. Cette situation, loin d'être une simple anomalie passagère, représente une opportunité économique majeure pour Moscou.

L'occident, ironiquement, se tourne vers les matières premières russes
Paradoxalement, face à la pénurie, les acheteurs occidentaux, longtemps réticents, se montrent désormais intéressés par les métaux russes. Washington a assoupli les sanctions sur le pétrole russe transporté par voie maritime, ouvrant une brèche dans le blocus économique. Les entreprises russes, autrefois ostracisées, voient leurs produits reprendre des couleurs. United Co. Rusal International PJSC, le géant russe de l'aluminium, reçoit désormais des demandes de capacités de production de la part des États-Unis et de l'Europe, après des années à devoir réorienter près de la moitié de ses ventes vers la Chine.

Gaz, engrais et céréales : un triplé gagnant pour la russie
L'influence russe s'étend également au secteur du gaz. Les attaques contre la plus grande usine de GNL du Qatar ont perturbé les flux mondiaux, intensifiant la concurrence entre les acheteurs asiatiques et européens. La Russie, forte de ses réserves massives, est idéalement placée pour profiter de cette situation et des prix mondiaux plus élevés. Le blocage du détroit d'Ormuz a également un impact significatif sur les marchés des engrais, où la Russie, deuxième producteur mondial, pourrait combler les lacunes d'approvisionnement. Enfin, les perspectives d'exportation de blé russe s'améliorent, soutenues par la demande accrue liée aux risques liés au conflit au Moyen-Orient.
Un bénéfice inespéré, mais menacé par les contre-attaques ukrainiennes
Alexander Gabuev, du Centre Carnegie pour Russie et Eurasie, résume la situation : « Sans la guerre en Iran, la situation de l'Économie russe serait bien plus précaire ». Une analyse corroborée par Bota Iliyas de Schillings, qui souligne que « le bénéfice inattendu pour l'Économie russe est bien réel ». Cependant, cette prospérité est menacée par les contre-attaques ukrainiennes contre les raffineries de pétrole, les infrastructures et les usines d'engrais russes. Les ports de la mer Baltique ont été la cible de frappes répétées, paralysant les exportations depuis Ust-Luga. Malgré ces défis, Moscou semble, pour l'instant, maîtriser la situation et transformer le chaos géopolitique en opportunité économique. Vita Spivak, consultante chez Gatehouse, conclut : « Plus le conflit durera, plus le potentiel de gains pour la Russie sera important. »
