Trump suspend l’ultimatum, le pétrole s’effondre : 14 % de chute en quelques secondes

Wall Street venait à peine d’ouvrir que le baril de Brent s’était déjà défenestré : -14 % à 97 $, un plongeon aussi brutal qu’inattendu. En quelques lignes sur son réseau social, Donald Trump a mis le feu aux prix… puis a ouvert le robinet d’eau glacée. Fini le bras de fer de 48 heures sur le détroit d’Ormuz ; place à une trêve de cinq jours et à un cessez-le-feu contre les infrastructures énergétiques iraniennes.

Le tweet qui fait lâcher 25 milliards de dollars

Le message, publié à 10 h 37 heure de New York, sonne comme un retournement de veste : « Les États-Unis et l’Iran ont mené des discussions productives… J’ai ordonné une pause de cinq jours. » Les algorithmes n’ont pas attendu la conférence de presse. Les ordinateurs de Houston à Singapour ont liquidé leurs positions longues. Résultat : le West Texas Intermediate (WTI) efface 12 % et tombe à 85 $, effaçant la plus longue série de hausses depuis l’invasion russe de l’Ukraine.

Deux minutes plus tôt, le Brent flirtait encore avec les 113 $, son plus haut depuis 2022. Les traders pariaient sur une frappe éclair américaine contre les centrales électriques iraniennes. Ils avaient déjà intégré le scénario « guerre du détroit » dans leurs modèles. Raté. Le président américain a changé de scénario sans prévenir, transformant le pic de risk premium en gouffre de liquidations.

Fatih birol : « une crise 1970 + 2022 en version rapide »

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À Canberra, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie n’a pas utilisé de demi-mesures. Selon lui, la succession de menaces, d’ultimatum et de rebondissements « cumule les deux chocs pétroliers des années 1970 et la crise du gaz de 2022 en accéléré ». Traduction : le marché digère en une semaine le risque géopolitique qu’il mettait des mois à assimiler il y a cinquante ans.

Derrière la dégringolade, les coulisses bruissent de rumeurs : des cargos bloqués à Fujairah rebrousseraient chemin, des raffineries indiennes annuleraient des achats spot, tandis que Ryad préparerait un relâchement unilatéral de la coupe Opep+ si Téhéran rouvre Ormuz d’ici vendredi. Rien n’est officiel, mais la barre des 90 $ est désormais perçue comme un plafond technique plutôt qu’un plancher psychologique.

Reste la question qui brûle les lèvres des hedge funds : la trêve tiendra-t-elle après les cinq jours ? Les positions courtes ont explosé de 38 % en une séance, selon CFTC. Un nouveau tweet, une nouvelle roquette dans le Golfe, et la vapeur pourrait repartir aussi vite qu’elle s’est éteinte. En attendant, les comptes de profits 2024 des traders viennent de saigner 25 milliards de dollars en moins de 60 minutes. Bienvenue dans l’ère où 280 caractères valent plus que des pipelines.