Samsung débarque sur windows avec un navigateur qui lit vos vidéos à votre place

Samsung vient de clouer le bec à ceux qui le réduisaient à un simple fabricant de mobiles : le géant coréen déploie Samsung Browser sur Windows 10/11, une machine à remonter le temps de votre historique, à décortiquer vos vidéos et à résumer vos onglets sans quitter la page.

Le cerveau de perplexity dans le moteur du navigateur

Accord inédit : Perplexity, la jeune pousse californienne qui mixe moteur de recherche et IA conversationnelle, fournit le coeur neuronal du nouveau venu. Résultat, une barre d’adresse qui comprend « la télé que j’ai vue la semaine dernière » et ressort la fiche Produit en 0,3 s. Pas de mots-clés, pas de dates, juste une phrase bâillée devant l’écran.

La vraie prouesse technique se cache dans la synchronisation continue. Samsung enregistre la position exacte du curseur, le scroll, la minute de la vidéo YouTube que vous interrompez sur le Galaxy S24 et la restaure sur le PC au réveil. Le tout transite par Samsung Continuity, le service de cloud maison déjà éprouvé sur les appels et les notifications. Un compte Samsung suffit, pas de câble, pas de QR code.

Des smart tv bientôt libérées du joug google

Des smart tv bientôt libérées du joug google

Coup de théâtre à Bruxelles : la Commission européenne prépare une régulation visant à briser le duopole Google/Samsung sur l’interface des téléviseurs connectés. Le navigateur desktop tombe à point nommé pour Samsung, qui pourrait pousser son moteur de recherche par défaut sur ses propres écrans, échappant ainsi à la redevance Google. Le timing est chirurgical.

Pour l’instant, Samsung Pass – le gestionnaire d’identités chiffrées – ne fonctionne qu’aux États-Unis et en Corée. L’Europe devra attendre l’automne, mais le code est déjà poussé en arrière-plan ; il suffira d’un switch serveur. Les mots de passe, cartes bancaires et certificats Covid voleront d’un appareil à l’autre sans jamais transiter en clair.

Google Chrome domine 65 % du marché mondial, Edge 12 %. Samsung ne publie aucun objectif chiffré, mais à Séoul on murmure qu’un parc de 500 millions d’appareils Galaxy actifs constitue la base de lancement. Chaque mobile vendu devient un argumentaire commercial pour le navigateur desktop, sans dépenser un centime en publicité.

Reste la question de la confidentialité. Les données restent sur les serveurs coréens, assure Samsung, mais Perplexity apprend de chaque requête. L’entreprise promet une option « mode clinique » où l’IA tourne localement, mais elle coupera alors la moitié des fonctions. Le choix : intelligence ou intimité.

Le téléchargement est déjà live pour Windows 10 1809+ et la version stable débarque sur macOS d’ici la fin d’année. Apple, qui bloque les moteurs alternatifs sur iPhone, n’a pas encore réagi. Samsung n’attendra pas : il prépare une version web progressive qui contournera l’App Store. La guerre des navigateurs vient de changer de front.