Openai tue sora, sa star ia vidéo, faute de clients et de cash
Sept jours. C'est le temps qu'OpenAI a mis pour enterrer Sora, son rêve de studio hollywoodien piloté par algorithmes. Le 13 décembre, la firme de Sam Altman claque la porte de sa plateforme de génération vidéo, laissant sur le carreau des centaines de milliers d'utilisateurs et un contrat à neuf zéros avec Disney. Motif officiel : « réallocation de ressources ». Motif réel : la machine dévorait un million de dollars par jour et peinait à dépasser 450 000 visiteurs actifs. ChatGPT, lui, frôle les 900 millions. Le contraste fait mal.
Des serveurs vides et des compteurs qui tournent à vide
Lancée en février 2024, Sora avait fait la une des magazines scientifiques et des tabloïds people. L'application promettait de transformer une simple phrase en plans séquences dignes de Netflix. Derrière le spectacle, la facture : chaque seconde d'images coûte entre cinq et dix dollars de crédits GPU, selon deux ingénieurs qui ont quitté le projet cet été. Multipliez par les 150 000 vidéos générées chaque jour, ajoutez la bande passante, le stockage et l'équipe de modérateurs 24/7. Le résultat : une hémorragie que même la poche profonde de Microsoft commence à regarder de travers.
Le désert s'est installé vite. Après le pic de curiosité post-lancement, l'engagement mensuel a chuté de 62 %. Les créateurs de contenu, premiers fans, ont fui dès qu'OpenAI a resserré les crédits gratuits. « On nous vendait un jeu sandbox, on nous a livré un démo tech sans suite », raille Léa Morizur, vidéaste lifestyle qui teste chaque outil IA. Son verdict : « Sora brillait en réunion de pitch, pas dans le workflow d'un monteur. »

Les gpu de sora migreront vers spud, la nouvelle coqueluche pro
Contrairement aux théories complotistes – non, les données ne servaient pas à entraîner GPT-5 en catimini –, la décision obéit à une loi immuable de la Silicon Valley : rationaliser avant l'IPO. Les 16 000 GPU H100 dédiés à Sora vont alimenter Spud, outil interne encore sous wraps, mais déjà présenté aux grands comptes comme « l'interface unique » pour générer texte, code, image et bientôt vidéo corporate. Traduction : fini le cinéma grand public, place aux présentations PowerPoint animées et aux pubs ciblées. OpenAI espère tripler ses revenus B2B d'ici 2026, objectif qu'un directeur financier a résumé à l'emporte-pièce : « Moins de show, plus de cash-flow. »
Du côté de Disney, on temporise. La firme n'a versé qu'une fraction du montant annoncé, conditionné à des jalons techniques jamais atteints. « On a signé pour explorer, pas pour cracher des suites Pixar », glisse un cadre anonyme. Résultat : pas de contentieux, mais pas de chèque non plus. C'est toute l'illusion Sora qui s'effondre : le mythe d'une IA réalisatrice remplacé par la réalité d'une boîte noire trop gourmande.
Sora rejoindra bientôt le cimetière des produits OpenAI, à côté de GPT-3 davinci-003 et de l'API fine-tuning disparue en 2023. La leçon ? La génération vidéo reste un luxe technologique, pas un business. Tant que le coût du token vidéo excède celui du ticket de cinéma, la révolution sera reportée. Les prochains vainqueurs seront ceux qui, comme Meta ou Google, possèdent leur chaîne complète : puces, réseau et régie publicitaire. OpenAI n'a que des louées. La fête est finie.
