Le pentagone bloque anthropic: claude privé de contrats fédéraux
Le gouvernement américain vient de frapper un nouveau clou dans le cercueil commercial d’Anthropic. Dans un mémoire déposé mardi devant la cour fédérale de San Francisco, le Département de la Défense demande au juge de rejeter la demande de suspension réclamée par la start-up de Dario Amodei. Motif invoqué : la firme, pourtant chérie des investisseurs, est désormais considérée comme un risque critique pour la chaîne d’approvisionnement nationale.
Refus de licence « tout usage » : l’armée passe à l’offensive
Le clash remonte à l’automne. Le Pentagone exigeait d’Anthropic une clause de licence sans restriction, autorisant « tout usage légal » de Claude dans les opérations militaires. La réponse a été un non catégorique. Résultat : retrait progressif du modèle des infrastructures sécurisées, puis étiquetage officiel comme « fournisseur à risque ». Depuis, plus aucun contrat federal ne peut être signé avec la société californienne.
Les avocats du gouvernement balaient d’un revers les arguments de « censure » ou de « représailles » avancés par Anthropic. Pour eux, il s’agit d’un simple choix d’acquisition : l’État n’est pas tenu de financer une technologie dont il ne contrôle ni le code, ni les mises à jour, ni les règles d’usage. Le risque ? Que Claude, en pleine mission critique, change de comportement ou soit altéré à distance par son éditeur.

Des milliards en jeu et une audience le 24 mars
Derrière la bataille juridique, la facture grimpe. Anthropic évalue les contrats fédéraux potentiellement perdus à plusieurs milliards de dollars sur les cinq prochaines années. La start-up, valorisée 18 milliards en début d’année, voit donc son modèle économique menacé. Dario Amodei réplique que la société « n’a jamais refusé une opération militaire spécifique » et que ses seules lignes rouges concernent les armes autonomes et la surveillance de masse sur les citoyens américains.
Le juge Edward Chen tranchera le 24 mars. S’il refuse la suspension, Anthropic devra se passer du plus gros client publicitaire mondial : l’État fédéral. Une issue qui pourrait convaincre d’autres géants de l’IA de plier le genou devant les exigences du Pentagone, plutôt que de défendre une éthique surannée.
Le message est clair : à Washington, l’innovation ne suffit plus. Il faut aussi la souveraineté totale sur l’algorithme. Ceux qui refusent négocient désormais avec leur propre avenir commercial.
