La russie fusionne missiles, lasers et cyberguerre dans un seul bouclier anti-drone

Moscou n’a plus besoin de choisir entre brouiller, pirater ou abattre. Son nouveau système « multicouche » enchaîne les trois options en moins de trois secondes, promettant un ciel fermé à tout appareil, du Shahed-136 au UJ-22 Airborne.

Quatre coups de griffe au lieu d’un

Dmitry Kuzyakin, directeur général du centre CUIDS, résume le principe : « Identifier, désorienter, neutraliser, recycler. » Phase 1 : un réseau de radars courts-porteurs et d’antennes SIGINT dresse la carte thermique et radio du ciel. Phase 2 : une salve d’impulsions électromagnétiques coupe le GPS, le Glonass et la liaison vidéo. Phase 3 : si le drone résiste, un missile Pantsir ou un hélicoptère Ka-52 passe à l’action. Phase 4 : les débris sont analysés sur place pour alimenter une base de signatures qui enrichit l’IA du système.

Le tout tient dans trois conteneurs montés sur KamAZ-53949 et se déploie en quinze minutes. Aucun soldat n’appuie sur une détente : l’algorithme décide du meilleur outil, change d’arme en millisecondes et apprend de ses échecs. Le premier prototype est déjà en test près de Rostov, protégeant un pont ferroviaire bombardé chaque nuit depuis octobre.

Une réponse aux essaims ukrainiens qui mutent

Une réponse aux essaims ukrainiens qui mutent

Kyiv a commencé à envoyer des groupes de dix drones où chaque appareil joue un rôle : le premier éteint les brouilleurs, le second lance un faisceau laser pour désigner la cible, les huit suivants foncent. Le dispositif russe anticipe ce scénario en créant des zones « mortes » radio de 200 m de rayon que les essaims ne peuvent franchir sans perdre leur coordonnateur.

Le prix ? Classé secret, mais un ingénieur de la sécurité industrielle évoque 48 millions de roubles l’unité, soit l’équivalent de trois T-90M. Rien quand on sait qu’un Shahed détruit coûte 20 000 $ et qu’un pont routier coûte 300 millions à rebâtir.

La Chine observe. Pékin a déjà commandé deux exemplaires en pré-série pour les tester au désert de Taklamakan, loin des satellites occidentaux. Si les essais concluent, la plateforme deviendra la base d’un standard SCO (Shanghai Cooperation Organisation) que Moscou pourra exporter pour payer sa guerre.

Reste la question morale : un robot qui décide seul d’abattre un engin peut-il distinguer un drone de reconnaissance d’un hélicoptère médical ? Kuzyakin écarte l’objection : « Le logiciel lit le transpondeur et la trajectoire. S’il doute, il brouille et appelle un opérateur humain. » Promesse non vérifiée : sur les 27 frappes enregistrées la semaine dernière, deux drones ont été abattus à 800 m d’un hôpital de campagne. Aucun transpondeur n’était allumé.

La guerre des drones vient de changer de dimension. Le ciel n’est plus un espace, c’est un champ de mines algorithmique où seuls survivront ceux qui coderont plus vite que l’ennemi.