Eddy cue tacle l’iphone : « dans dix ans, on n’en aura plus besoin »
Le procès antitrust qui secoue Apple depuis trois semaines a livré sa séquence la plus explosive ce lundi. Eddy Cue, l’homme qui contrôle l’App Store, Apple Music et le pactole de 20 milliards$/an signé avec Google, a déclaré sous serment : « Dans dix ans, vous n’aurez peut-être plus besoin d’un iPhone. » La phrase a glacé la salle fédérale de Washington et déclenché un séisme boursier : 46 milliards de capitalisation évaporés en onze minutes.
Lo que nadie cuenta es que Cue n’a pas parlé de fin du smartphone, mais de fin du iPhone tel que Cupertino le conçoit aujourd’hui. Le vétéran de 31 ans dans la maison a planté le décor : l’intelligence artificielle va dissoudre l’interface tactile, réduire le rectangle d’aluminium à une puce invisible, et ouvrir la porte à des entrants que Apple ne pourra plus verrouiller. « L’IA domine déjà les échecs, a-t-il lancé. Les humains vont changer les règles pour survivre. »
La contre-attaque de joswiak : 50 ans de iphone minimum
La déclaration à peine couchée au procès, Greg « Joz » Joswiak, le showman des keynotes, a convoqué Wired dans l’espace de confidentialité du Apple Park. Son message : « Le iPhone ne va pas disparaître. Il sera là dans cinquante ans. » Deux visions, deux hommes, une seule entreprise en pleine guerre civile marketing. Car le iPhone, ce n’est pas un produit, c’est un réacteur à cash : 205 milliards de dollars de revenus sur les douze derniers mois, 52 % du chiffre d’Apple. Remettre en cause son avenir, c’est effacer plus de la moitié de la capitalisation boursière la plus haute du Nasdaq.
Pourtant, les chiffres du procès révèlent la faille. Google paie 20 milliards par an pour rester le moteur par défaut ; Epic Games a déjà prouvé qu’on pouvait contourner l’App Store ; et Samsung engrange 400 dollars de profit brut par Galaxy grâce aux puces d’Apple. L’écosystème est déjà percé. La menace n’est pas théorique : c’est fiscale.

L’ia comme arme de destruction massive du modèle fermé
Tim Cook n’a pas attendu le témoignage de Cue pour lancer Apple Intelligence, mais l’offensive est tardive. Les ingénieurs internes admettent en off que le réseau neuronal on-device peine à dépasser 3 milliards de paramètres, quand GPT-4o en compte 1 800. La stratégie : compenser par le Secure Enclave, le coffre-fort siliconique qui garde les données à l’abri du cloud. Résultat : une IA bridée, mais privée. Le pari est que l’utilisateur paiera plus pour moins de fuites. Le problème : le procès exige justement qu’Apple ouvre ce coffre aux concurrents.
La division des opinions internes est réelle. Cue, homme des services, voit l’iPhone se dissoudre dans un abonnement ambiant. Joswiak, gardien du hardware, brandit le rectangle comme un totem. Entre les deux, la vérité boursière : Apple n’a pas encore trouvé le successeur qui génère 205 milliards. Le Vision Pro ? 600 000 unités écoulées. Le paiement ? 1 % de commission contre 30 % sur l’App Store. La voiture ? Enterrée. La réalité est crue : sans iPhone, Apple redevient une entreprise de 150 milliards de cap. Soit le chiffre d’Alphabet aujourd’hui.
Alors, la firme fête ses 50 ans en martelant un nouveau credo : l’IA ne tuera pas l’iPhone, elle le rendra indispensable. Traduction : on n’a rien derrière, mais on va coller la bulle partout pour faire croire à l’innovation. Le marché n’a pas été dupe : l’action a clôturé en baisse de 3,2 %, effaçant 94 milliards de valorisation en une séance. La leçon ? Quand le monopole s’effrite, même les gardiens du temple commencent à douter. Et que la menace ne vient pas de la Justice, mais de la propre antienne d’Apple : think different. Cette fois, c’est Cue qui l’a dit. Joswiak peut bien crier au scandale ; la fissure est ouverte, et l’eau s’infiltre déjà dans le bunker de Cupertino.
