Apple prépare un siri 2.0 qui pourrait faire pleurer gemini et copilot
Apple n’a plus l’intention de laisser Google et Microsoft monopoliser les conversations vocales avec l’IA. Dès la WWDC le 8 juin, Siri devrait se présenter comme une application autonome, ultra-personnalisée et dotée d’une mémoire longue durée, prête à lire vos mails, résumer le web et piloter l’ensemble de vos apps sans transition.
Pourquoi cette version change tout
Mark Gurman, la voix off de Bloomberg sur Cupertino, révèle que l’équipe d’Apple teste une icône dédiée sur l’écran d’accueil de l’iPhone, l’iPad et le Mac. Objectif : faire basculer l’assistant de la simple commande vocale vers un hub conversationnel qui rivalise frontalement avec Gemini, Perplexity et Copilot. L’interface reprendra les codes du chatbot : bulles successives, suggestions contextuelles, réponses enrichies de vignettes et d’images générées en temps réel.
Le plus dur n’était pas le moteur — Apple Intelligence est déjà nourri de modèles on-device et cloud — mais la fragmentation. D’où l’arrivée d’une app unique qui agrège messages, notes, courriels, fichiers et raccourcis. Résultat : on pourra demander « Résume-moi le dernier compte-rendu du service marketing » sans jongler entre Mail, Files et Notes. Siri saura où chercher, quel résumé générer, quelle action déclencher.

Une mémoire qui trahit la silicon valley
Apple va stocker localement les traces de vos requêtes pour affiner les prochaines. Une fonction « memory » montrera, à l’ouverture de l’app, trois suggestions calibrées sur vos habitudes : rappel du rendez-vous de demain, envoi automatique d’un PDF signé, réservation d’Uber vers l’aéroport. Tout reste chiffré, promet Cupertino, mais la guerre des données reprend ici un tour inédit : qui possède la mémoire de l’utilisateur possède la relation client.
La firme répond aussi à un retard criant. Motorola propose Moto AI depuis l’automne ; Honor déploie Honor AI dans toute l’Europe. Apple, elle, n’avait qu’un assemblage de fonctions éparpillées : génération d’emoji, traduction instantanée, intégration optionnelle de ChatGPT. L’expérience restait clinique. Le nouveau Siri, lui, se veut conversationnel, proactif et surtout omniprésent.

Le pari risqué de la centralisation
Concentrer toute l’intelligence artificielle dans un seul point de contact, c’est aussi créer un point de défaillance unique. En cas de bug ou de hallucination, l’utilisateur n’aura plus qu’un seul coupable : Siri. Apple le sait, d’où la phase bêta fermée qui dure depuis six mois en interne. Les ingénieurs doivent réduire le taux d’erreur sur les requêtes croisées — celles qui mêlent agenda, mails et navigation web — à moins de 3 % avant la keynote.
Le timing est crucial : la WWDC 2025 se tiendra du 8 au 12 juin à Cupertino. Si la démonstration échoue, le titre Apple pourrait chuter de 8 % sur les marchés selon les analystes de Wedbush. Mais si Siri tient ses promesses, Google devrait justifier pourquoi Gemini reste dispersé entre douze apps, et Microsoft expliquer pourquoi Copilot coute 20 $ par mois sans jamais lire vos fichiers locaux.
Reste une inconnue : le prix. Apple n’a pas encore décidé si l’app Siri 2.0 sera gratuite ou verrouillée derrière un abonnement iCloud+ à 6,99 €. L’annonce risque de faire hurler autant qu’elle fera saliver. Une chose est sûre : la guerre des assistants entre dans sa phase finale, et cette fois Apple joue l’offensive, pas la riposte.
