Amazon refuse le remboursement d’un rtx 5090 : le colis contenait du lessif à 2 $
3 000 € pour un paquet de lessive. C’est la désillusion vécue par un acheteur européen qui croyait mettre la main sur une GeForce RTX 5090 WindForce OC 32G. Le carton est arrivé scellé, l’étiquette collée bien droite, mais le pèse-paquet mentait déjà : 1,56 kg contre 2,9 kg prévus. À l’intérieur, un sachet de détergent à la place du GPU, et un silence assourdissant d’Amazon.
La vidéo d’ouverture qui accuse
L’internaute avait filmé le déballage, soupçonnant l’arnaque. Les scellés étaient sectionnés, la boîte Gigabyte cabossée, une étiquette de reconditionnement mal positionnée. Il poste sur Reddit : 48 heures plus tard, le thread dépasse 60 000 upvotes, les mèmes fusent, les mineurs de crypto s’insurgent. Le cliché du paquet OMO posé sur un tapis de salon est déjà iconique.
Il contacte le service client. Premier conseiller : « Nous allons ouvrir une enquête approfondie. » Deuxième appel : « Patience, l’investigation suit son cours. » Sept jours plus tard, l’équipe « relations exécutives » clôt le dossier : « Notre entrepôt a expédié le bon produit. » Le remboursement est refusé, la menace d’une assignation reste lettre morte.

Le vendant fantôme et la tva manquante
La facture PDF affiche un nom de vendeur inconnu, absent de la page produit au moment de la commande. Pire : la ligne fiscale indique 0 % de TVA, alors que l’Espagne applique 21 % sur le matériel informatique. Amazon prétend que le tiers vendeur est « espagnol », mais son numéro de TVA intracommunautaire est introuvable. Le client se retrouve face à un cercle vicieux : marketplace ≠ Amazon, donc Amazon se lave les mains… avec le lessive qu’on lui a vendue.
Ce n’est pas un cas isolé. Depuis l’explosion du trafic de cartes graphiques haut de gamme, les réclamations pour « substitution » ont grimpé de 340 % sur le réseau européen, selon l’association Euroconsumers. Les fraudeurs savent que le poids des cartes est public, qu’un sachet de 1 kg calibré trompe les balances logistiques, et que l’étiquetage « fragile » dissuade les contrôles ouverts. Une fois le colis scellé, le jeu est fait.

Le silence des plateformes
Gigabyte, contactée par notre rédaction, répond qu’elle « ne peut pas intervenir dans les litiges de distribution ». Amazon renvoie vers sa politique A-to-Z, censée protéger l’acheteur, mais qui exige une « preuve irréfutable » que l’objet reçu ne correspond pas à la commande. Une vidéo, même horodatée, ne suffit plus. Le dossier doit être accompagné d’un rapport de la police… pour un paquet de lessive.
Le 15 avril, l’utilisateur a finalement déposé une plainte en ligne devant le tribunal de Barcelone. Coût : 150 €. Délai moyen : 18 mois. Montant qu’il pourrait récupérer : 3 000 € plus intérêts. Frustration garantie : illimitée.
Tout le monde veut une RTX 5090, personne ne veut payer en justice pour l’obtenir. Pendant ce temps, les scammers peaufinent leur prochain tour de passe-passe. Leur recette ? Un carton, une étiquette, un rêve en moins. Le reste, c’est de la mousse.
