Amazon gobe sprout, le robot qui danse avant de ranger vos chaussons
Deux mois. C’est le temps qu’il a fallu à amazon pour digérer Fauna Robotics, la start-up new-yorkaise qui vient de dévoiler Sprout, un androïde de 45 cm capable de twister, fléxer les hanches et ramasser un doudou. Le géant de Seattle, déjà roi des entrepôts avec plus d’un million d’automates en service, vient d’acheter un jouet de 50 000 dollars. Objectif : conquérir le salon, pas la chaîne logistique.
Un robot qui ne soulève pas, mais séduit
Sprout ne soulève pas de cartons. Il soulève des sourcils. Sa plateforme Jetson Orin d’Nvidia, son téraoctet de stockage et ses LED rgb lui permettent de reconnaître une voix, se relever d’une chaise et, surtout, de créer un attachement. Rob Cochran, CEO de Fauna, a annoncé l’union sur X avec l’émotion d’un père à l’école maternelle : « Incroyablement excité ». Les 50 salariés déménagent de Brooklyn vers un open-space d’amazon. Le prix ? Silence radio.
La stratégie est limpide : amazon veut réitérer dans le domestique ce qu’il a réussi en logistique. Astro, lancé en 2021, traîne des ventes anémiques ; Sprout, lui, s’adresse aux labs, aux écoles, aux familles ultra-early adopters. La version actuelle tient trois heures sur batterie, chuchote « Sprout » pour activer l’écoute et peut mémoriser les préférences d’un enfant — ou d’un chercheur. Une API ouvre la bête aux développeurs, comme l’iPhone en 2008.

La guerre des humanoïdes passe par le tapis de salon
Tesla optimisation son Optimus, Figure AI lève 675 millions, Boston Dynamics montre des atlas en danse. amazon, lui, achète déjà sa place. Le groupe n’intégrera pas Sprout dans ses centres de distribution ; il teste un canal B2C2B où le robot devient compagnon, nounou numérique et assistant d’étude. Kleiner Perkins, Lux Capital et Quiet Capital, qui avaient injecté 30 millions dans Fauna, convertissent leurs parts en actions AMZN. La boîte devient « Fauna, une entreprise amazon », un label qui sonne comme une promesse de suite.
Le pari est risqué : 50 000 $, c’est le prix d’une berline allemande. Mais c’est aussi le coût d’un premier iPhone en dollars 2007. La firme de Seattle sait créer le réflexe « add to cart » avant de faire chuter le coût. Sprout version 2, plus petit, moins cher, plus malin, est déjà sur les établis de Lab126.
Reste la question de la confiance. Astro espionnait déjà les utilisateurs ; un androïde qui apprend les goûts des môms et la disposition des placards alimente le datalake le plus vorace de la planète. Amazon répond par l’habituel « vos données sont protégées ». Le marché répondra par ses cartes bancaires.
Fauna ferme ses bureaux de New York ce mois-ci. Les cartons ne sont pas transportés par des robots, mais par des humains. Ironie : le premier acte de Sprout dans sa nouvelle vie sera d’apprendre à ranger… sans jamais avoir porté une seule boîte.
