Meta prépare le plus gros plan social de son histoire : 16 000 postes menacés
Les couloirs de Menlo Park sentent déjà l’encre des lettres de licenciement. Meta serait en train de calibrer une saignée de 20 % de ses effectifs, soit 15 800 personnes, selon des dirigeants internes cités par Reuters. Une hécatombe qui ferait passer le « year of efficiency » de 2023 pour un échauffement.
Des ordres sont tombés : justifiez vos équipes ou fermez
La consigne est claire, et elle circule en haut de la pyramide depuis vendredi : chaque vice-président doit présenter un scénario « post-réduction » d’ici la fin du mois. Aucune date officielle n’est gravée dans le marbre, mais l’horizon se rapproche. Le fichier Excel des départs potentiels est déjà ouvert.
La Maison nie, bien sûr. « Spéculations théoriques », répond le service de com’. Les mêmes mots qu’en avril 2022, juste avant la purge de 11 000 employés. Depuis, le nom de code a changé, pas la méthode.

600 Milliards de dollars brûlent la planète rh
Derrière la hache, le moteur : Meta vient d’annoncer un budget 600 Mds $ pour ses data-centers dédiés à l’IA d’ici 2028. Une somme qui éclipse le PIB de la plupart des pays. Pour la financer, il faut trancher dans la chair. Les équipes de modération, les ingénieurs « legacy » du News Feed, les vendeurs publicité de petite clientèle : autant de lignes budgétaires considérées comme du gras.
Paradoxe : le même jour, la boîte débauche à prix d’or les chercheurs en super-intelligence. Contrats mirobolants, stock-options doublées, visas H1B accélérés. On licencie le soldat, on recrute le général de demain.

Threads cartonne, mais ne sauvera pas les jobs
Ironie du calendrier : Threads vient de dépasser X en utilisateurs actifs quotidiens sur mobile (141,5 M vs 125 M en janvier). L’appli a atteint les 100 millions d’inscrits en cinq jours, record absolu. Le genre de performance qui fait mousser la communication interne, pas le comptable.
Car les 450 millions de comptes de Threads ne génèrent pour l’instant qu’une fraction du chiffre d’Affaires publicitaire d’Instagram ou de Facebook. Traduction : on félicite les équipes produit, puis on leur montre la sortie.
Wall Street a compris le message. Le titre a lâché 3,83 % vendredi, puis 0,45 % après-clôture. A 610 $, l’action reste loin de son sommet annuel à 796 $, mais le marché parie déjà sur une marge opérationnelle gonflée par la cure d’amaigrissement.
Le dernier grand plan social de Meta avait coûté 21 000 postes. Celui-ci pourrait être plus profond, plus rapide, et surtout plus silencieux. Les managers ont reçu la consigne de ne plus utiliser le mot « licenciement » mais « réalignement stratégique ». Le cynisme est le seux domaine où l’entreprise ne fait plus d’économie.
