At&t se lance dans la conquête spatiale : un revirement stratégique ?

L'ironie est parfois mordante. Alors que T-Mobile se moquait ouvertement d'AT&T et de ses velléités satellitaires, le géant américain semble prêt à répondre au défi. Fin 2025, AT&T a annoncé une stratégie ambitieuse pour 2026 : un programme bêta limité de connectivité par satellite, réservé à une poignée de clients et aux utilisateurs de FirstNet. Un revirement spectaculaire, qui témoigne d'une prise de conscience des enjeux de la couverture mobile et de la compétition croissante.

Un réseau de partenaires pour une couverture illimitée

Un réseau de partenaires pour une couverture illimitée

Mais AT&T ne compte pas sur une seule étoile pour atteindre son but. John Stankey, le PDG, a clairement indiqué que la compagnie envisagerait de s'associer à plusieurs fournisseurs de services LEO (orbite basse). Au-delà de son partenariat déjà établi avec AST SpaceMobile pour le projet direct-to-device (D2D), AT&T jette son dévolu sur SpaceX et Amazon, deux acteurs majeurs de la course à l'espace.

L'objectif est clair : offrir une connectivité “toujours active” sur l'ensemble du territoire américain, même dans les zones les plus reculées. Et la bonne nouvelle, c'est que cela ne nécessitera pas de smartphones sophistiqués et onéreux. De nombreux modèles actuels sont déjà capables de communiquer avec des satellites, simplifiant ainsi l'accès à ce nouveau type de connectivité.

Si Stankey rejette l'idée de devenir un MVNO (opérateur mobile virtuel) pour les fournisseurs de satellites – estimant que cela ne générerait pas de nouveaux clients –, il voit dans les satellites LEO un moyen efficace de combler les lacunes de son réseau mobile principal. Une stratégie pragmatique qui vise à renforcer la position d'AT&T sur le marché.

L'acquisition de Globalstar par Amazon, et le travail de SpaceX avec EchoStar, témoignent d'une éclosion rapide de capacités direct-to-device. Si AT&T s'associe déjà avec Amazon pour la connectivité dans les zones reculées, un accord direct pour la communication directe avec les appareils est encore en suspens. AST SpaceMobile, quant à elle, a obtenu l'aval de la FCC pour offrir ce service en partenariat avec AT&T, Verizon et FirstNet, avec la possibilité de déployer jusqu'à 248 satellites.

La question se pose : quel opérateur devrait investir le plus dans les services satellitaires ? AT&T, Verizon, T-Mobile… ou aucun ? La réponse, semble-t-il, est claire : AT&T est en train de jouer un coup stratégique, et il semble bien décidé à ne pas laisser ses concurrents prendre le dessus. Le marché de la connectivité par satellite est en pleine effervescence, et AT&T s'apprête à en être un acteur majeur.