Windows 11 enterre la promesse de windows 7 et microsoft le sait

Redmond vient d’admettre ce que les rédacs hardware soupçonnaient depuis trois ans : pour que Windows 11 respire enfin, il faut effaser le disque et recommencer à zéro. Le « reset » n’est plus un conseil d’experts, c’est la condition officielle pour toucher une acceleration promise mais jamais livrée en mise à jour.

La phrase est lâchée dans un bulletin dédié aux administrateurs IT, sans tambour ni trompette : « Une installation personnalisée peut améliorer les performances globales. » Dans la langue de Redmond, cela signifie que le système d’exploitation, tel qu’il est vendu sur les machines neuves ou mis à jour depuis Windows 10, est déjà obèse. Le bloatware greffé en usine – Copilot, Teams, Edge, OneDrive, Widgets, Notes – engraisse la ram même avant le premier clic de l’utilisateur.

Le fantôme de windows 7 plane sur 2026

Sur les forums de My Digital Life, une ISO de Windows 7 patcée jusqu’au patch de sécurité de janvier 2026 circule déjà. Elle tient sur 1,3 Go, démarre en 256 Mo de ram et n’appelle pas la caméra pour lire votre visage. Le moteur de recherche intégré ? Un simple champ de texte. Le téléchargement automatique des drivers ? Optionnel. Le compte Microsoft ? Inexistant. Résultat : un PC de 2009 démarre plus vite qu’un Zenbook 2024 sous Windows 11, SSD NVMe et 32 Go de ram pourtant au menu.

Microsoft n’a pas oublié cette légende. Elle l’utilise en interne comme repoussoir. Une fuite interne, datée de mai 2023, listait les « qualités non négociables » de la future major release : « Boot <8 s sur HDD, compte local possible, telemetry désactivable, pub off by default. » Le tout sur une feuille intitulée « Win7 spirit ». Le projet, surnommé « Hudson Valley » dans les builds, est déjà en test fermé. Les premiers leaks montrent un shell épuré, une barre des tâches centrée mais rétractable, et surtout une case « I don’t want Copilot » cochable avant même la connexion Wi-Fi.

Tpm 2.0, le boulet qui ne tombe jamais

Tpm 2.0, le boulet qui ne tombe jamais

Entre-temps, le goulot reste le même : le cryptoproceseur Tpm 2.0 exclut 60 % du parc mondial, selon Lansweeper. Microsoft le sait, mais le maintient comme « ligne rouge » pour justifier le marketing « sécurité renforcée ». Pourtant, les attaques firmware les plus médiatisées de 2024 – BlackLotus, LogoFAIL – ont toutes visé des machines… Tpm-compliant. Le verrou devient d’autant plus difficile à avaler que la réduction de la surface d’attaque promise par Windows 11 ne se traduit pas par des benchmarks à la hausse. Pire : les tests de Phoronix sur un ThinkPad T14 montrent un gain de 3 % seulement face à Windows 10, mais une consommation de ram supérieure de 28 %.

Alors les utilisateurs votent avec leurs clés USB. Ubuntu 24.04 LTS grimpe de 4,1 % sur le desktop en juin, selon StatCounter. Zorin OS, qui imite le menu Démarrer aéro de Windows 7, double ses téléchargements chaque trimestre. Le plus cocasse : la croissance provient… des États-Unis, marché pourtant saturé de licences OEM.

Le « moins » paye plus que le « plus »

Le « moins » paye plus que le « plus »

Microsoft a compris que l’abstention est le vrai concurrent. Le 14 octobre 2025, Windows 10 passe en phase de support étendu payant. Premier tarif divulgué : 61 $ la première année, par poste. Une aubaine pour les fabricants de PCs qui écouleront leurs stocks de processeurs « non elligibles » jusqu’à la dernière minute. Et un repoussoir supplémentaire pour les entreprises qui viennent de calculer que migrer 5 000 postes vers Linux coûte trois fois moins cher que payer la taxe de prolongation.

Redmond n’a donc plus le choix : soit elle livre enfin un Windows 12 « minimal by default », soit elle laisse le trou s’agrandir entre le système d’exploitation et ses propres utilisateurs. Lequel scénario l’emportera ? Le prochain Insider Preview, attendu cet automne, tranchera. Mais les rumeurs déjà précises évoquent une build « CorePC » capable de démarrer sans Edge, sans Teams, sans même le bureau – juste un terminal et 400 Mo de ram. Le genre de compromis qu’on n’avait pas vu depuis… Windows 7.