Windows 11 autorise enfin le renommage du dossier utilisateur : la fin d’un calvaire de 30 ans

Microsoft cède. Après trois décennies de blocage, le dossier Utilisateur — ce vieux vestige de Windows NT enfoui dans C:\Users\ — devient personnalisable dès l’installation. Une victoire silencieuse pour les puristes qui rêvaient d’effacer leur adresse mail du chemin d’accès.

Le dossier qui fait trembler le registre

Changer le nom du dossier Utilisateur, c’était jusqu’ici ouvrir la boîte de Pandore : CLSID cassées, chemins de profil corrompus, applications qui se perdent. La faute à l’architecture NT, où le SID — cet identifiant binaire unique — est lié en dur au répertoire. Déplacer le dossier, c’était rompre la chaîne. Microsoft l’a toujours su. Il a toujours fermé les yeux.

Les builds 26300.8068 et 26220.8062 de la branche Insider changent la donne. L’écran OOBE (Out-of-Box Experience) affiche désormais un champ « Nom du dossier utilisateur ». Pas de ligne de commande, pas de procédure de récupération, juste un champ texte. Le système valide en temps réel les caractères interdits — pas d’espace, pas de slash — et crée le profil proprement. Le SID est généré après, pas avant. L’astuce tient là.

Le piège reste entier pour les machines déjà installées

Le piège reste entier pour les machines déjà installées

Microsoft prévient : la fonction est réservée aux nouvelles installations. Les millions de PC déjà en service devront continuer à bricoler avec net user ou à se résigner. L’option n’apparaîtra pas dans les Paramètres post-installation. Une aubaine pour les assembleurs et les revendeurs, un coup de grâce pour les utilisateurs lambda qui espéraient enfin effaser le prénom de leur ex du disque.

La firme de Redmond n’a pas précisé la date de sortie stable. Le calendrier cible : fin 2025, avec le 24H2. Entre-temps, la fonction reste cantonnée aux anneaux Dev et Beta. Le moindre bug pourrait encore faire capoter l’opération. Microsoft a trop souffert du mauvais souvenirs du Windows 10 1809 pour se permettre un raté.

Car au fond, ce n’est qu’un dossier. Mais c’est aussi le dernier tabou de Windows. En le brisant, Microsoft admet que l’expérience utilisateur prime sur la sacro-sainte rétrocompatibilité. Et ça, c’est déjà une révolution.