Zelenski sonne l’alarme : poutine engrange 10 milliards grâce à la guerre au proche-orient
En quinze jours, la guerre au Proche-Orient a offert à Moscou une manne de 10 milliards de dollars. Volodímir Zelenski l’a martelé dimanche sur X : la flambée des prix du pétroleremplit les caisses de Vladimir Poutine, et ce n’est pas une ironie de l’histoire, c’est le résultat d’un calcul géopolitique.
Le détour par téhéran qui profite au kremlin
Depuis le 28 février, Washington et Jérusalem multiplient les frappes sur les raffineries iraniennes. Réponse de Téhéran : harceler le détroit d’Ormuz, voie par laquel transite 20 % du pétrole mondial. Résultat : le baril flambe, et le premier exportateur russe, bien que sous sanctions, revend 10 % plus cher chaque cargo. La manne est immédiate : 10 milliards en quatorze jours, soit l’équivalent de ce que Moscou a perdu depuis janvier sur le marché pétrolier, selon les services de renseignement ukrainiens.
Le timing agace Kyiv. Depuis deux ans, l’Ukraine martèle les ports, les pipelines et les terminaux russes pour réduire le flux de devises. Le déficit accumulé atteignait 100 milliards. « En une quinzaine, Poutine a récupéré un dixième de ce trou. Cela le rend plus confiant, plus agressif », alerte Zelenski.

La trêve américaine sur les sanctions
Le coup de grâce vient de la Maison-Blanche. L’administration Trump a annoncé vendredi une suspension temporaire – quatre semaines – des restrictions sur le pétrole russe. Officiellement, pour calmer le marché. Officieusement, pour éviter une explosion des prix à la pompe avant l’été. Le Kremlin n’a pas attendu : les cargos affrétés via des ports non sanctionnés repartent, les courtiers improvisés reçoivent des millions de barils à revendre en Asie.
Moscou encaisse. En janvier-février, les recettes pétrolières s’étaient effondrées de 47 % sur un an. Avec la nouvelle donne, le ministère des finances table déjà sur un redressement du déficit budgétaire. Objectif : financer les missiles et les drones qui tombent chaque nuit sur Kharkiv et Dnipro.

Ormuz, le déversoir de la guerre
Derrière la guerre des chiffres, une géographie implacable. Le détroit d’Ormuz est devenu un champ de mines à ciel ouvert. Téhéran y coule des navires, Washington y bombarde des plateformes, et les assureurs maritimes multiplient les primes par dix. Chaque tonne qui n’entre plus dans le Golfe pousse la Chine et l’Inde à acheter plus de russe. Le cercle est bouclé : plus il y a de fumée au Moyen-Orient, plus les caisses du Kremlin s’emplissent.
Un pétrolier non iranien a franchi Ormuz lundi avec son AIS allumé, geste rare interprété comme un test de la vigilance de Téhéran. Pour Zelenski, le signal est clair : « Tant que le feu brûle là-bas, Poutine y jette de l’essence. »
Le président ukrainien termine sa publication par une mise en garche sèche : « Relâcher les sanctions, c’est financer les tranchées russes. » Chaque dollar gagné par Moscou, dit-il, se transforme en obus. Et chaque obus a un nom ukrainien.
