Windows 11 déboussolé : le bloatware pèse 30 go et un hacker réplique
Redmond vient de se prendre un uppercut en plein égo. Un seul script open-source, Winhance, balaye jusqu’à 30 Go de bloatware en un clic et redonne à un PC nu son souffle d’origine. Microsoft, qui facture en coulisses les OEM pour fourrer Candy Crush, TikTok et autres Copilot dans chaque image, découvre que sa « expérience moderne » ressemble surtout à une poubelle numérique payante.
La guerre du disque dur
Depuis l’arrivée de Windows 11, le système exige 64 Go d’espace libre. Sur un SSD de 256 Go, c’est déjà le quart. Une fois les mises à jour, le cache Edge et les stubs Xbox Game Bar installés, l’utilisateur lambda se retrouve avec 40 % de sa capacité dévorée avant même d’avoir ouvert Word. Les forums grondent, les tutos « débloat » explosent sur YouTube et Microsoft répond en rendant la désinstallation de Cortana ou Recall impossible par le panneau classique.
Entre-temps, un développeur anonyme publie Winhance sur GitHub. Deux versions : installable ou portable sur clé USB. L’interface épure liste chaque package, du plus anodin (Clipchamp) au plus insidieux (OneDrive intégré). Une case, un bouton, c’est parti. Dix minutes plus tard, le rapport affiche 28,7 Go récupérés et 42 processus en moins au démarrage. Les premiers retours sur Reddit parlent d’un gain de 1,2 s au boot et de 800 Mo de RAM libérés.

Monétiser l’encombrement
Pourquoi Microsoft s’obstine-t-il à engraisser l’image de base ? Contrats de préinstallation, parts de revenus sur les micro-transactions de Candy Crush, partenariats antivirus (McAfee, Norton) qui paient entre 5 et 10 $ par machine. Le cercle est bouclé : l’OEM engrange une ristourne, Microsoft garde l’utilisateur prisonnier de son écosystème, l’utilisateur paie en performances. Le bloatware n’est plus un défaut, c’est un modèle.
Et le géant ne plaisante pas avec la défense de ce modèle. Dernière mise à jour de Windows 11 24H2 : la cmdlet PowerShell Remove-AppxPackage devient inopérante sur Recall et Copilot. Tenter la manoeuvre affiche désormais « Access denied by Microsoft Policy ». Un mur qui pousse les puristes vers des solutions radicales : modification du registre, scripts communautaires, ou carrément passage à Linux.

Le réveil des rédacteurs de licence
Curieux : la licence Windows, elle, n’interdit pas la désinstallation. Elle précise simplement que « certains composants peuvent être nécessaires au bon fonctionnement du système ». Microsoft s’en frotte donc les mains : bloquer l’accès technique sans toucher au texte légal. Résultat, l’utilisateur reste propriétaire d’un OS dont il ne contrôle pas les 30 % du poids. C’est comme acheter une voiture et découvrir que le coffre est scellé par le constructeur sous prétexte qu’il contient « des outils utiles à la conduite ».
La riposte s’organise. Des entreprises de déploiement massif (LDLC, Materiel.net) testent déjà des images Windows 11 « allégées » validées par Winhance avant livraison. Objectif : proposer un PC gamer avec 8 % d’espace gagné et des benchmarks en hausse de 11 %. Microsoft n’a pas encore réagi officiellement, mais le bruit court qu’un « Windows 11 SE Reloaded », version pro sans bloat, est en incubation pour contrer la fronde.
En attendant, chaque mise à jour majeure réinstalle discrètement Candy Crush. Le combat est cyclique. Les utilisateurs effacent, Microsoft réplique. Cette fois, pourtant, l’open source a rendu la désinstallation aussi simple qu’un swipe. Le géant devra choisir : continuer de facturer l’encombrement ou admettre qu’un système léger est finalement ce que le marché réclame. La ligne de partage : 30 Go. Le prix de la liberté, c’est la taille d’un Blu-ray. Qui paiera la note ?
