Wall street dégringole : l’ia d’amazon plombe tout le logiciel
Le marché a claqué. Mardi, les éditeurs de logiciels ont perdu 4,3 % en clôture, leur pire séance depuis la débâcle bancaire de mars. Au déclencheur : une note fuitée sur amazon Web Services qui teste un agent d’intelligence artificielle capable de remplacer des équipes entières de vente, de cybersécurité et d’administration réseau. Le titre UiPath s’est effondré de 9 %, HubSpot a perdu la même portion, Atlassian 8,4 %. Le ETF iShares Expanded Tech-Software Sector efface 23 % depuis le 1er janvier, sa pire performance trimestrielle depuis 2008.
Claude pointe son nez dans nos pc
Le coup de grâce est venu d’Anthropic, la start-up que amazon a aspergé de milliards. Lundi soir, la société a annoncé que son chatbot Claude peut désormais « prendre le contrôle total » d’un ordinateur : ouvrir un navigateur, remplir des feuilles de calcul, cliquer partout. Pas de plug-in, pas de macro : l’IA voit l’écran et agit comme un humain, mais plus vite.
Les fonds spéculatifs ont tout de suite traduit : si Claude gère les tâches répétitives, que reste-t-il à Salesforce, ServiceNow ou Workday ? La réponse s’est traduite par une débandade de 46 milliards de dollars de capitalisation en une séance.

Amazon réplique en coulisses
D’après le site The Information, AWS travaille sur un « agent autonome » interne qui déjà répartit la charge entre les spécialistes cloud, rédige des propositions commerciales et détecte les intrusions. Objectif avoué : compenser les 27 000 suppressions de postes opérées depuis 2022. Résultat : les clients potentiels se demandent s’ils ont encore besoin d’acheter des dizaines de licences quand amazon fournit l’outil et le technicien virtuel avec.
La peur s’est propagée au crédit privé. Ares Management et Apollo Global ont bloqué les retraits de leurs fonds spécialisés software, assaillis de demandes de remboursement. Leur crime : avoir prêté à des éditeurs jugés « vulnérables » à l’offensive des IA génératistes. Les portes commencent à se fermer, la liquidité se tarit.
Le secteur du logiciel, hier valeur refuge, ressemble aujourd’hui à une passoire boursière. Chaque keynote d’Anthropic, chaque ligne de code d’AWS devient une saignée supplémentaire. Et pendant que les investisseurs comptent leurs pertes, dans les laboratoires d’amazon on n’entend plus qu’un seul mot : automatiser. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus personne pour appuyer sur “vente”.
