Vishing : un sms de ton fils te demande de l’argent, c’est déjà trop tard
Un texto « Maman, j’ai perdu mon téléphone, écris-moi au 06 xx » suffit à vider ton compte en 30 secondes. La Police Nationale vient de décompter plus de 3 200 victimes depuis janvier, et l’arnake du « proche en galère » grimpe en catégorie 4 au tableau de chasse de l’INCIBE : haute dangerosité, perte garantie.
Le script hollywoodien qui t’appelle « papa »
Derrière le numéro inconnu, un comédie doublé d’un ingénieur social. Il sait que tu répondras dès qu’il prononce le prénom de ta fille, joue l’urgence — « opération demain, faut payer l’acompte » — et clôture par un Bizum ou un RIB que tu n’auras même pas le temps de vérifier. Le temps de boire un café, le 5 000 € de l’été ont changé de banque.
La faille ? Notre réflexe de répondre à un WhatsApp quand il nous tutoie. Le groupe criminel teste d’abord une fuite de données (liste d’abonnés volée sur une appli de livraison), croise le nom du contact, puis bombarde 100 000 numéros en parallèle. Taux de conversion : 2 %. Suffisant pour dégager une marge de 300 % sur chaque vague.

Le mot de passe qui vaut plus qu’un clavier à 1 000 €
INCIBE ne parle plus de « méfiance » mais de contraseña familiar : un mot à trois têtes que seule la vraie famille peut épeler. Tu l’annonces une fois, à Noël, autour d’une bûche. Quand le faux fils appelle, tu demandes « le mot ». Silence. Fin de la conversation.
Sinon, plus simple : appelle le numéro habituel. Le vrai répond toujours. Et s’il est vraiment dans le besoin, il te le dira en face, pas par texto.
3 200 arnaques recensées, 8,7 millions d’euros déjà partis en fumée. Le prochain SMS pourrait porter ton prénom. Le choix est binaire : bloquer ou payer.
