Un jury oblige meta et google à payer 3 millions $ à une accro des réseaux sociaux
Los Angeles vient de frapper les GAFAM là où ça fait mal : la caisse. Un jury populaire a condamné Meta et Google à verser 3 millions de dollars à Kaley, 20 ans, dont la santé mentale a sauté à cause d’Instagram et de YouTube. Pour la première fois, deux géants de la tech sont reconnus civilement responsables d’une addiction générée par leurs algorithmes. La porte est ouverte à des milliers d’autres procès identiques qui dorment déjà dans les tribunaux californiens.
Une machine à sous dans la poche
La jeune femme a commencé YouTube à 6 ans, Instagram à 9 ans. Résultat : anxiété, dépression, dysmorphophobie. « Imaginez une machine à sous qui tient dans une poche de primaire », a lancé son avocat au jury. Les jurés ont entendu pendant six semaines les détails d’un business model qui, selon les plaintes, repose sur la captation maximale du temps d’attention des mineurs. Ils ont estimé que Meta et Google ont sciemment occulté les risques. La facture : 2,1 millions pour Meta, 900 000 $ pour Google. Une goutte d’eau pour des entreprises qui cumulent 200 milliards de trésorerie, mais un symbole énorme pour les victimes.
Le procès n’est pas clos. La même jury va maintenant débattre des dommages punitifs. Il peut multiplier les sommes par dix, vingt, cent. L’enjeu : savoir si la Californie va enfin infliger une amende douloureuse à ces plateformes. Les avocats de Kaley ont déjà 200 autres cas similaires sur le feu. Le précédent est créé.
Chez Meta, on répète que les « outils de contrôle parental » existent. Chez Google, on invoque la « liberté d’expression ». Mais devant le tribunal, les emails internes ont parlé : ingénieurs et cadres savaient depuis 2017 que leurs algorithmes poussaient les ados à binge-watcher des vidéos anxiogènes. Ils ont choisi de maintenir le système pour ne pas nuire au temps passé sur la plateforme, donc à la pub.

Le procès qui fait trembler silicon valley
Silicon Valley garde un silence de plomb. Les actionaires ont compris : une défaillance de 3 millions peut devenir 300 millions si le dam se rompt. Les assureurs spécialisés en responsabilité civile ont déjà augmenté leurs primes de 35 % depuis janvier. Le message est passé : concevoir un produit addictif peut coûter plus cher qu’un défaut d’homologation automobile.
La mère de Kaley, témoin clé, a résumé : « On nous a vendu des toys. Ils ont transformé nos enfants en données à vendre. » Le jury a applaudi. Le juge a dû rappeler l’ordre. Le verdict est tombé à 18 h 23, heure locale. Dans la salle, une dizaine d’ados venus assister à l’audience ont levé les yeux de leurs écrans… le temps d’un instant.
Prochaine étape : une cohorte d’Etats américains prépare des lois pour imposer un âge minimum à l’inscription et des mises en garde style paquet de cigarettes. Le lobby Big Tech a dépensé 70 millions de dollars en 2024 pour freiner ces textes. Le vent vient peut-être de tourner. Car quand un jury de simples citoyens tape sur les plus riches du monde, les législateurs n’ont plus aucune excuse pour ne pas suivre.
