Trump ressuscite le pcast avec zuckerberg, ellison et huang à sa table
Le 20 janvier au soir, Donald Trump a signé l'ordre exécutif qui redonne vie au Conseil de conseillers pour la science et la Technologie. En clair : Meta, Oracle et Nvidia s'invitent au bureau ovale pour dicter la feuille de route tech de Washington.
David sacks et michael kratsios tiennent la double présidence
L'homme qui a vendu Yammer à Microsoft et l'ancien CTO de Thiel Capital, David Sacks, partagera la coprésidence avec Michael Kratsios, déjà conseiller scientifique de la Maison-Blanche. Objectif officiel : « garantir que l'Amérique reste la première puissance de l'innovation ». Objectif officieux : coller la peau de la Silicon Valley au mur de la politique industrielle trumpiste.
Mark Zuckerberg, Larry Ellison et Jensen Huang ne siègeront pas en simples observateurs. Leur mission, rédigée en toutes lettres dans l'ordre exécutif, est d'« identifier les technologies émergentes qui bouleverseront l'emploi américain ». Traduction : ils devront dire quel job disparaîtra, quel job naîtra, et comment le swing étatique pourra amortir le choc sans toucher aux marges de leurs entreprises.

Un pcast version 2025 très différent de celui de roosevelt
Depuis 1933, chaque président des États-Unis a sa propre instance de conseillers scientifiques. La différence ? Roosevelt faisait appel à des universitaires. Trump, lui, choisit des PDG dont la capitalisation boursière cumulée dépasse les 5 000 milliards de dollars. Le message est limpide : la recherche publique passe au second plan, le privé prend le volant.
Le timing n'est pas anodin. Alors que la FTC peine à bloquer les fusions tech et que le CHIPS Act réclame des résultats avant les midterms, le président donne à ses géants un agenda clair : IA, puces, cloud, robots. Le reste est littérature.
Reste la question du conflit d'intérêts. Aucun des trois magnats n'a l'intention de quitter son poste opérationnel. Leur présence à la table du PCAST leur offre un accès direct aux appels d'offres fédéraux, aux subventions et aux futures régulations. Le lobbyisme officiel n'a jamais eu aussi joli minois.
Le premier rapport du conseil est attendu dans cent jours. Washington parie que le « Golden Age of Innovation » sera écrit à la main de Zuckerberg, Ellison et Huang. Les 160 millions de salariés américains n'auront qu'à suivre le script.
