Trump brandit la menace nucléaire contre l’iran et fait flamber le pétrole
Donald Trump a dégainé sa menace la plus explosive depuis son retour à la Maison-Blanche : si Téhéran n’accepte pas son « accord de cessez-le-feu » dans les prochains jours, les centrales électriques, les puits de pétrole et même les usines de dessalement iraniens seront « anéantis ». Le baril a bondi à 115 $, un sommet depuis trois mois.
De la fanfaronnade à la menace de frappe
Dimanche matin, devant l’hélicoptère présidentiel, Trump se félicitait déjà : « L’Iran nous a cédé la majorité des 15 points » de son plan. Il promettait vingt « super-tankers » de pétrole supplémentaires et parlait de « changement de régime » en douceur. Les caméras avalaient la mise en scène.
Six heures plus tard, sur Truth Social, le ton a basculé. « Si le détroit d’Ormuz n’est pas rouvert immédiatement, nous conclurons notre charmant séjour en Iran en faisant sauter toutes leurs centrales, leurs puits et l’île de Kharg. » Le message, en majuscules sèches, était accompagné d’un avertissement : « Peut-être même les dessalinisatrices. »
Kharg, lecteurs avertis, est le terminal pétrolier qui draine 90 % des exportations iraniennes. Le détroit d’Ormuz, c’est 20 % du pétrole mondial qui passe chaque jour dans un goulot de 21 milles. Le prix du Brent a réagi en moins de dix minutes : +7 %.

Le marché, otage d’un tweet
Les traders de Londres n’ont pas cherché à vérifier si Téhéran avait réellement accepté quoi que ce soit. Ils ont vu le mot « anéantir » et ont acheté. Résultat : le baril frôle les 120 $ dans les échanges asiatiques de lundi matin, traînant avec lui le gaz naturel et le pétrole chauffage.
À Genève, un négociateur européen résume : « On dirait un script de série B, sauf que les répliques déplacent des milliards. » Il confie que la délégation iranienne, déjà sourde aux appels de Washington, a purement et simplement quitté la visioconfiance prévue lundi soir.
Trump, lui, ne perd pas le fil. Il sait que chaque pic du brut renfloue les réserves stratégiques américaines qu’il a commencé à remplir à 70 $ le baril. Plus le prix monte, plus la rentrée pétrolière future du gouvernement sera juteuse. C’est de la spéculation d’État, en temps réel.
Reste la question militaire. Le Pentagone refuse de commenter, mais trois porte-avions – Ford, Eisenhower et Reagan – sont déjà en rade dans le golfe d’Oman. Leur seul positionnement coûte 6 millions de dollars par jour. On paie la menace au prix fort.
Alors, bluff ou prélude à un raid ? L’Iran a placé ses batteries S-300 en alerte maximale sur Kharg. Le marché, lui, ne prend pas de pari : il a déjà facturé le risque. Votre prochain plein de gazole, comptez 15 % de plus. C’est la taxe Trump-Téhéran, et elle est entrée en vigueur ce matin.
