Tempête thérèse frappe les vacances : pâques sous la pluie et le froid

Les vacances de Pâques à peine entamées, l'Espagne subit le passage brutal de la tempête Thérèse, la dix-neuvième dépression de la saison. Les températures plongent de huit degrés à l'intérieur de la péninsule, tandis que les Canaries connaissent leur épisode météorologique le plus violent depuis dix ans. Un scénario qui se répète : les borrasques s'enchaînent, formant un courant polaire massif qui balaye l'ensemble du territoire.

La dorsale anticyclonique qui change la donne

Les modèles atmosphériques convergent vers un phénomène préoccupant. Une dorsale anticyclonique se forme au-dessus de l'Atlantique Nord, propulsant une nouvelle masse d'air froid vers l'Europe du Sud. Résultat : la Galice et la façade cantabrique préparent leurs premières gelées printanières. Les chaînes montagneuses du nord affichent déjà des températures négatives.

À Madrid, les services météorologiques confirment une tendance inquiétante. L'Espagne n'enregistre plus de record de froid depuis quatre ans. Mais cette année, la tendance pourrait s'inverser. Le pays subit une dérive saisonnière : le printemps se décale, les températures oscillent entre deux climats, laissant les météorologues sans repères historiques.

Le flux polaire s

Le flux polaire s'installe durablement

Le mécanisme est désormais connu. Chaque dépression génère un flux polaire qui vient se briser contre la péninsule ibérique. Le phénomène s'autocatalyse : plus le courant est fort, plus il attire les systèmes dépressionnaires. Cette année, le chorro polar atteint des dimensions exceptionnelles, traversant la péninsule d'ouest en est.

Les îles Baleares n'échappent pas à la règle. Les averses faibles mais persistantes s'invitent dès le lever du jour. Le Pirineo catalan, lui, s'attend à des pluies intenses durant toute la journée de dimanche. Les autorités ont activé le protocole de vigilance pour les zones de montagne.

Pâques sous le signe de la fraîcheur

Pâques sous le signe de la fraîcheur

Malgré la stabilité annoncée pour le vendredi 27, le thermomètre reste inflexible. Les maximales peinent à dépasser les 15 degrés sur la moitié nord du pays. Seul le sud-ouest profite d'un léger répit, avec Séville qui affichera 22 degrés. Une illusion de printemps vite dissipée par les vents du nord.

Les Canaries vivent leur propre cauchemar. Les rafales atteignent 120 km/h, les ferrys restent à quai, les vols sont annulés. Tenerife et Gran Canaria enregistrent des cumuls de pluie records pour un mois d'avril. Les services d'urgence sont en état d'alerte maximale.

La AEMET temporise : ce ne sera pas la pire Semana Santa des dix dernières années. En termes de précipitations, du moins. Car sur le plan thermique, le bilan est sans appel. Les hôteliers des zones côtières s'attendent à des annulations de dernière minute. Les campings méditerranéens affichent complet, mais les réservations sont fragiles.

Le constat est implacable : le climat méditerranéen se dérègle. Les saisons glissent, les repères disparaissent. L'Espagne, habituée à ses étés torrides et ses hivers doux, découvre une météo désormais imprévisible. Les parapluies remplacent les crèmes solaires dans les valises des vacanciers. Une réalité qui devrait durer : les modèles climatiques prévoient une instabilité accrue pour les décennies à venir.