Telefónica coupe les appels spam avant même la sonnerie : voici comment activer le silence
Plus un bip, plus d’énervement. Telefónica vient de basculer Movistar et O2 en mode « silencieux radical » : les appels spam sont éteints avant que le téléphone ne vibre. Une première en Espagne, mais encore faut-il donner son accord. Explication.
Le préfixe 400, nouvelle ligne de défense
Depuis hier, l’opérateur espagnol injecte un filtre en amont du réseau. Dès qu’un numéro affiche un comportement frauduleux — appels massifs, durée ultra-courte, patrons de recomposition — il est étiqueté « très haute probabilité de spam ». Résultat : l’appel est tué côté serveur, l’usager n’entend même pas la première sonnerie. Le service repose sur une base de données en temps réel alimentée par les 34 millions de lignes du groupe et des signalements croisés avec l’Agence espagnole de protection des données.
Concrètement, on gagne deux choses : la sieste sans sursaut et, surtout, la grand-mère ne décroche plus un faux conseiller bancaire. Le risque d’escalade vers une fraude à la « virement » chute, selon l’opérateur, de 68 % dans les tests pilotes menés à Valence.

Pourquoi faut-il encore cliquer ?
La loi européenne sur la confidentialité des communications (ePrivacy) interdit tout blocage automatique sans consentement explicite. Telefónica ne peut donc pas cocher la case à votre place. Le pari est calculé : la majorité des clients sous 40 ans activeront l’option en moins de deux minutes, les seniors — cible préférée des arnaques — restent tributaires de l’accompagnement familial.
Activer le bouclier prend vingt secondes : ouvrir l’appli Mi Movistar ou O2, s’identifier par DNI, section « Protécción de Red », basculer « Identificación de llamadas de spam » sur « bloqueo total ». Un SMS confirme la mise à jour en moins d’une minute.

Et si une vraie ambassade se fait passer pour du spam ?
Telefónica reconnaît un taux d’erreur de 0,07 %, soit sept appels légaux interceptés sur 10 000. La procédure de déblocage est cachée dans les FAQ : il faut signaler le numéro depuis l’appli pour le faire sortir de la liste noire sous 24 h. Un processus lourd, mais le service client promet un retour en arrière en moins de quatre heures si le plaignant justifie son identité.
Le plus dur reste l’invisibilité. Les utilisateurs ne verront jamais les appels filtrés, donc ne sauront pas qu’ils ont échappé à une tentative. Seule la section « statistiques » de l’appli affiche un compteur, qui grimpe déjà à 1,3 interception par ligne et par semaine en moyenne.
En coulisses, l’opérateur prépare la deuxième phase : étendre le filtre au RCS, le successeur du SMS, où le spam progresse à 300 % chaque trimestre. Madrid pourrait imposer le même mécanisme à tous les réseaux d’ici 2025, ce qui ferait de l’Espagne le pays le plus hermétique d’Europe aux appels indésirables.
Silence, fini de danser. Le spam téléphonique n’est pas mort, mais il passe désormais à travers les mailles sans même effleurer votre poche. Et ça, c’est déjà une victoire que les escrocs n’avaient pas prévue.
