Sánchez parie l'espagne contre trump pour un baril de moins
Pedro Sánchez vient de transformer l’Espagne en otage énergétique. En refusant de rejoindre la coalition navale qui tente de débloquer le détroit d’Ormuz, il isole Madrid au moment même où 30 % du pétrole et du gaz mondial restent coincés derrière un rideau de missiles iraniens. Le coup de force, pris sans débat parlementaire, aligne l’économie ibérique sur une roulette russe : si Alger réduit un seul jour ses robinets, les réserves espagnoles tiendront à peine six semaines.
Le pari algérien, la roulette russe
Depuis février, le cabinet espagnol mise tout sur un triptyque de fournisseurs « alternatifs » : Gazprom, Sonatrach et les LNG américains. Sauf que Moscou vient de vendre 80 % de ses cargaisons à Pékin, Alger réclame des prix indexés sur le Brent à 110 $ et les tankers américains dérivent vers Rotterdam, où l’on paie 30 % plus cher. Résultat : le pool ibérique a déjà perdu 12 points de marge industrielle en un mois, selon l’IEA. L’indice PSI-20 respire le soufre.
Le détail qui tue ? L’enclave célibataire de Sánchez. En bloquant le transit militaire israélien et en fermant Rota et Morón aux avions de reconnaissance américains, il déclenche l’article Ribicoff, vestige de la crise de 1976 qui autorise le Trésor à pénaliser fiscalement toute entreprise US présente sur le sol espagnol. Google, Amazon, Caterpillar, Pfizer : la facture pourrait atteindre 4 milliards d’euros par an. Le message de Trump est limpide : « Vous voulez faire le boycott, vous paierez cash. »

Silence radio à bruxelles
Étonnamment, la Commission laisse faire. Von der Leyen n’a pas convoqué le Coreper, ni activé l’article 122 sur l’approvisionnement d’urgence. Pourquoi ? Officieusement, trois États membres – Paris, Berlin, La Haye – calculent que l’Espagne, en se mettant hors-jeu, libère des volumes de LNG pour leurs propres ports. Le cynisme est total : on laisse Madrid prendre le choc pour protéger les industries du Rhin et de la Seine.
Côté iranien, Téhéran applaudit. Depuis la fermeture d’Ormuz, seuls ses tankers contourment l’embargo par le canal de Suez, facturés 25 % au-dessus du marché à des clients chinois et indiens désireux de grignoter des parts. L’ironie ? L’Espagne, qui crie « pas de guerre », finance indirectement la guerre en achetant du pétrole iranien via des traders dubaiotes. Les certificats d’origine changent de pavillon au large de Malaga ; la facture gonfle de 600 millions par trimestre.
Le chaos se lit dans les chiffres. Le pool électrique espagnol a déclenché quatre jours d’alerte rouge en avril, les réserves stratégiques de gaz naturel sont à 38 % – seuil minimum légal – et l’inflation industrielle bat son record depuis 1984. Pendant ce temps, Sánchez tweete des photos de turbines solaires en Andalousie, comme si 4 GW photovoltaïques pouvaient remplacer 200 000 barils par jour. Le déni est monumental.
Conclusion sans fioriture : l’Espagne vient de se positionner comme la première victime collatérale de la troisième guerre du Golfe. Pas une bombe n’est tombée sur Valence, mais l’industrie espagnole saigne déjà. Quand l’hiver reprendra, le thermomètre descendra plus vite que le prestige d’un président qui a misé toute sa stratégie énergétique sur un « non » symbolique et sur un pipe-line algérien qui n’a jamais tenu ses promesses. Le compteur, lui, ne fait pas de politique : il affichera juste le prix du mégot diplomatique.
