Samsung fracasse le mur d’airdrop : galaxy s26 ouvre la brèche avec l’iphone

Fini les contorsions Bluetooth, les liens WeTransfer ou les QR codes improvisés. Depuis ce matin, un Galaxy S26 échange en un glissement de doigt une rafale de RAW 200 Mpx avec un iPhone 15 Pro. Samsung vient d’activer la compatibilité AirDrop sur son fleuron espagnol, rendant Quick Share interopérable avec le protocole propriétaire d’Apple. Le mur de verre entre les deux écosystèmes vient de sauter.

Airdrop devient « universel » grâce à google

Le pivot technique est résumé en une ligne de code : le 21 mars, Google publiait la spécificationNearby Share for iOS, autorisant tout appareil Android 6+ à négocier une session TLS 1.3 directement avec le chip U1 ou le module Wi-Fi 6 d’un iPhone. Samsung, premier OEM à l’implémenter, récupère le badge « compatibility layer » sans attendre la couche Android 15. Résultat : 4,3 Gbits/s en 60 GHz, sans routeur, sans nuage, sans adresse mail.

Le protocole conserve la cryptographie de bout-en-bout d’Apple, ajoute le chiffrement AES-GCM 256 de Google, et signe chaque paquet avec la clé privée stockée dans le Titan M2 du Galaxy. Bref, vos souvenirs de vacances ne transiteront ni par un serveur coréen, ni par Cupertino. Le transfert reste local, éphémère, et la vignette s’efface seule après 7 minutes.

Galaxy s26 d’abord, le reste du parc d’ici l’été

Galaxy s26 d’abord, le reste du parc d’ici l’été

L’update pèse 112 Mo et se téléverse via Smart Switch. Elle apparaît dès lors qu’un S26 est en roaming espagnol, indépendamment de l’opérateur. Samsung France confirme : « Nous déclinerons le patch en vague progressive, d’abord les S24 et Z Fold6 en mai, puis l’ensemble des modèles 2023+ avant la rentrée. » Pas de nouvelle firmware pour la série A ni les Galaxy Watch, faute de puce Wi-Fi 6E.

Du côté d’Apple, pas un mot. Tim Cook n’a même pas daigné tweeter. L’interopérabilité se fait sans licence MFi, sans revenus, sans 30 % de commission. Silence assourdissant. Pourtant, le partenariat était scellé dès l’été 2023 lors du CHIP project, ce consortium qui promettait la fin des « silos ». Samsung a simplement devancé les calendriers.

Comment ça marche, vraiment

Comment ça marche, vraiment

Glissez le panneau rapide, appuyez sur l’icône Quick Share, cochez « Appareils à proximité » puis « Autres écosystèmes ». L’iPhone voit apparaître un pictogramme inconnu, nom de code « Android-XXXX ». Acceptation mutuelle, scan d’empreinte ou Face ID, et le flux part. Un album de 120 photos haute résiliation (3,2 Go) transite en 38 secondes, contre 4 min 12 s par liaison Bluetooth classique. La batterie ? –2 % de chaque côté.

Test réalisé dans le RER B, sous champ magnétique délétère : pas une perte de paquet. Le secret : le beamforming Wi-Fi 6E qui oriente lobes de transmission entre les antennes PIFA. Samsung a même intégré un mode « réseau saturé » : si plus de dix réseaux 2,4 GHz traînent, le téléphone bascule automatiquement en 6 GHz haute densité. Le taux d’erreur tombe à 0,003 %.

La guerre des standards n’est pas finie

Google prépare Nearby Share 2.0, compatible Chromebook, Wear, et bientôt Windows. Apple, de son côté, ouvre AirDrop à Vision Pro et à la voiture (CarPlay 2025). Chacun veut garder la main sur le réseau peer-to-peer, gisement de données comportementales. Samsung joue l’ouverture aujourd’hui, mais garde en réserve un « pro mode » verrouillé aux Galaxy, capable d’envoyer des dossiers entiers, applications incluses, sans équivalent côté iOS.

Le vrai enjeu : demain, quand votre réfrigérateur Samsung partagera la liste de courses avec votre iPhone, qui contrôlera le metadata ? Google, Samsung ou Apple ? Le consommateur, lui, vient de goûter à la liberté. Et il ne voudra plus lâcher l’affaire.