Quatre pétroliers détournés : l'europe risque la pénurie de diesel

Quatre cargaisons de diesel filent vers l'Afrique et l'Asie. Résultat : 1,2 million de barils destinés à l'Europe changent de cap en plein Atlantique. Le coup d'arrêt tombe alors que le détroit d'Ormouz est déjà au bord du chaos.

Les noms qui font trembler les traders

Aliai, Minerva Vaso, Grand Ace6, Elka Delphi. Ces quatre navires, partis de Houston et de Corpus Christi, pointaient Gibraltar et Amsterdam. Leur virée soudain vers Lomé et des eaux asiatiques signifie une chose : l'offre européenne se rétrécit à vue d'œil. Le baril de diesel Rotterdam-Platts a déjà gagné 6 % en deux séances.

La raison ? Le blocus iranien prive le marché de 2 millions de barils par jour. L'Asie, affamée, paie 25 $ de plus la tonne. Résultat : les affréteurs dégainent la calculette et tournent la barre vers l'Est. Philip Jones-Lux, analyste chez Energy Aspects, résume le scénario : « L'Europe devra patienter ; c'est le golfe du Bengale qui crie le plus fort. »

Le coup de pouce stratégique de l

Le coup de pouce stratégique de l'aie

Bruxelles n'a pas dit son dernier mot. L'Agence internationale de l'énergie a déclenché la libération de 60 millions de barils de réserves. Une manne théorique qui masque une réalité : les stocks communautaires de gazole ont fondu de 8 % en six semaines et couvrent à peine 34 jours de consommation.

Les raffineries d'Arzew et d'Antwerp reposent sur un fil. Si Primorsk, en mer Baltique, subit un nouvel embargo, le Vieux Continent pourrait perdre 750 000 barils supplémentaires d'ici l'automne. Les courtiers de Genève parient déjà sur un diesel à 1 250 $ la tonne, contre 950 $ aujourd'hui.

Et pendant que les tankers bifurquent, les camionneurs européens préparent la facture. Hausse des prix, hausse des fruits, hausse des courses. La chaîne qui partait de l'Ormouz aboutit directement dans nos portefeuilles.