Pop mart s'effondre malgré un bond de 185 % : le mirage labubu touche à sa fin
La bourse de Hong Kong a giflé Pop Mart. Le spécialiste chinois des blind boxes voit son action plonger de 22 % en séance, victime collatérale de la décrépitude de sa poule aux œufs d'or : la poupée Labubu. Le carnet de commandes 2025 affiche pourtant 37,1 milliards de yuans, soit +185 %, mais 900 millions seulement sous le consensus. Le marché n'a pas pardonné.
Le dividende rogné, le marché hurle
Le vrai coup de grâce vient du ratio de distribution : 25 % en 2025 contre 35 % l'an passé. Jeff Zhang, analyste chez Morningstar, résume l'humeur des fonds : « Ils voient une direction qui garde plus de cash pour amortir le choc à venir. » Le choc, c'est la fin du cycle hype. Au quatrième trimestre, la croissance des ventes ralentit à 12 % sur un an, contre 60 % au premier. Les vendeurs à la sauvette de Shenzhen en ont déjà enterré les contrefaçons.
Labubu pèse 40 % du chiffre, soit 14,2 milliards de yuans. Un an plus tôt, c'était 23 %. Le personnage est devenu plus gros que la maison. Wang Ning, le fondateur, a vu sa fortune grimper à 17 milliards d'euros, dépassant Peter Thiel. L'ironie : sa richesse s'est faite sur une IP dont la courbe de vie rappelle celle d'un token memecoin.

Twinkle twinkle ne brille pas encore
Pop Mart hurle sa nouvelle feuille de route : diversifier. Twinkle Twinkle, Skullpanda, Crybaby, Molly : autant de tentatives pour diluer l'addiction Labubu. Résultat : Skullpanda dépasse légèrement les objectifs avec 3,5 milliards, mais Crybaby et Molly s'effondrent. Molly, icône des tout débuts, n'a pas su vieillir avec sa clientèle. Le décalage générationnel se chiffre : -32 % de ventes versus le budget.
La fuite en avant passe désormais par l'Amérique. Quarante-deux flagships ouverts en 2025, 6,8 milliards de yuans de ventes US, +748 %. Le continent représente déjà 18 % du total. Mais chaque ouverture coûte 2,3 millions de dollars en CAPEX. Le burn rate américain masque la fatigue chinoise.
Le titre, à 38 HK$, trade désormais à 12 fois les bénéfices 2026, soit le niveau d'une chaine de supermarchés. Labubu n'est pas morte, elle devient archive. Et Wang Ning le sait : « Pop Mart c'est plus que Labubu ». Les investisseurs, eux, traduisent : montrez-nous le prochain hit avant que l'air ne se raréfie.
