Palantir déclame un manifeste de 22 points: un plan pour un nouvel ordre mondial ?

La société américaine Palantir Technologies a provoqué une onde de choc en publiant un manifeste de 22 points, élaboré par son PDG, Alex Karp, qui semble dépeindre une vision audacieuse – voire inquiétante – pour l’organisation d’un nouvel ordre mondial. Un document qui, selon certains, s'apparente à une tentative de redéfinition des fondements de la société, et pas seulement des données.

Les pistes les plus controversées

Le manifeste avance des propositions radicales : le rétablissement du service national obligatoire, l'augmentation des armes dotées d'intelligence artificielle, l'affirmation d'une suprématie occidentale face aux cultures « dysfonctionnelles », et l’instauration d’un « pouvoir dur » pour gouverner. Karp justifie cette démarche en se référant à son livre, « La République Technologique », et en soulignant la nécessité d’une implication de la Silicon Valley dans la défense nationale. L'idée centrale est une intervention active, voire une direction, de l'élite technologique dans les affaires politiques et militaires.

Le texte, largement diffusé sur les réseaux sociaux, suscite déjà une vive controverse. L'économiste grec et ancien ministre Yanis Varoufakis l'a vivement critiqué, le qualifiant de « technocratie autoritaire », profondément liée aux intérêts du pouvoir américain et militaire. Les employés de Palantir, eux, semblent rongés par le malaise, comme l'a révélé Wired, une atmosphère de tension grandissante depuis le retour au pouvoir de Trump et l'augmentation des contrats de la société avec les services de sécurité et la défense.

Des dangers technofascistes ?

Des dangers technofascistes ?

Certains observateurs, comme l'investisseur de « La Grande Aventure », Peter Thiel, prédisent que Anthropic va détrôner Palantir. Mais au-delà des enjeux commerciaux, le manifeste soulève des questions fondamentales sur le rôle de la Technologie et du pouvoir. Il est difficile d’ignorer la portée ambitieuse de ces propositions, et les inquiétudes qu’elles suscitent quant à une possible instrumentalisation de la Technologie à des fins politiques.

La question de savoir si l’intelligence artificielle est véritablement « intelligente » ou simplement un outil sophistiqué reste ouverte, mais il est certain que Palantir, avec son manifeste, s’inscrit dans un débat crucial sur l’avenir de la société et la place de l’innovation technologique dans le monde. Le risque, selon ses détracteurs, est une dérive vers un technofascisme, où la logique du profit et de la puissance prime sur les valeurs démocratiques et les libertés individuelles.