Openai enterre sora, sa prodige vidéo ia, victime de son propre succès
Sora est morte. Pas dans les faits, mais dans les esprits de ceux qui la dirigeaient. OpenAI, selon Futurism et plusieurs ingénieurs en fuite, aurait déjà acté l’abandon de son modèle vedette de génération vidéo. Six mois après avoir fait hurler d’émerveillement Cannes et la Silicon Valley, la techno star devient un boulet. Le motif ? Une avalanche de deepfakes, une inflation de clips sans âme et une facture GPU qui fait grincer même les investisseurs les plus euphoriques.
Le « ai slop » qui tue la star
Le terme est déjà entré dans le jargon des modérateurs : AI slop, cette bouillie visuelle générée à la chaîne, où des créateurs monétisent chaque pixel sans regard pour l’esthétique. Sora, par sa capacité à cracher 60 secondes HD en quelques prompts, est devenue la machine à cash des fermeurs de clics. Résultat : la plateforme déborde de vidéos où Obama vend des tapis, où Scarlett Johansson danse la rumba sur TikTok et où des villes entières explosent en 4K pour le simple plaisir du doomscroll. OpenAI le sait : chaque clip devient un poison de marque.
Et le poison, c’est aussi juridique. Les studios californiens ont commencé à facturer 100 000 $ le litige chaque fois qu’un personnage protégé apparaît. « On a atteint le seuil où le service juridique coûte plus cher que le centre de calcul », glisse un ex-ingénieur qui a quitté la boîte en mars. Le temps d’un procès, Sora engrange 3 millions de vues ; le temps d’un règlement, OpenAI dépense 2 millions en frais d’avocats. La équation est vite résolue.

Le deepfake, arme à double tranchant
Autre front : la pornographie non consensuelle. En avril, 34 000 clips générés via Sora ont été signalés sur Pornhub, la moitié mettant en scène des visages récupérés sur Instagram. La Federal Trade Commission a ouvert une enquête ; le sénateur Hawley prépare un amendement qui viserait à faire payer 1 500 $ par seconde de deepfake non autorisé. Le message est clair : si Sora devient le Napster du visuel, OpenAI héritera du rôle de Metallica.
Sam Altman a tenté un coup de com’ en janvier : un filtre « opt-in » pour les visages publics, une base de données blanche, un partenariat avec la MPAA. Trop tard. Les utilisateurs ont déjà migré vers des forks open source hébergés en Islande, où aucune loi ne les rattrape. « On a construit un fusil, on pensait vendre des cibles ; on s’est retrouvé avec une guerre », résume un chef de produit encore en poste.

Le coût caché derrière la magie
Chaque minute générée via Sora brûle 2,6 kWh, l’équivalent d’un lave-linge à 90 °C. Multiplié par les 700 000 requêtes quotidiennes, la facture électrique atteint 1,2 million de dollars par semaine. Comparé au modèle textuel GPT-4o, Sora coûte 47 fois plus cher à l’inférence. Les partenaires cloud d’OpenAI — Microsoft Azure en tête — ont commencé à facturer l’énergie au prix fort, arguant que la charge dépasse leurs engagements climatiques. Le résultat : une marge négative de –38 % sur chaque vidéo rendue. Même Uber n’a pas survécu longtemps à un modèle où il perdait de l’argent à chaque course.
Le conseil d’administration a tranché : fin 2024, Sora passe en mode « maintenance », un mot codé pour extinction progressive. Les GPU seront redirigés vers le nouveau cluster dédié à GPT-5, dont la demande API croît de 18 % chaque semaine. Priorité au texte, au code, à la voix. La vidéo ? On verra plus tard, quand les procès seront derrière et quand un frame perfect ne coûtera plus qu’un centime.

La prochaine cible s’appelle gpt-5
Derrière la mise à mort de Sora, OpenAI cache une autre urgence : gomner le mauvais buzz autour de ChatGPT. Les fuites sur le « mode adulte » non déployé, les réponses hallucinées qui ont poussé Stack Overflow à bloquer le bot, la fuite de données en Italie : la cote de confiance baisse de 11 points en six mois chez les développeurs. Altman a donc choisi : on tue le fils prodigue pour sauver le père. Le calcul est froid : un utilisateur mécontent de Sora part à la concurrence ; un utilisateur mécontent de ChatGPT part à Claude ou à Gemini, et on ne le revoit jamais.
Reste la question des créateurs. Les 12 000 studios beta-testeurs de Sora reçoivent un e-mail laconique : « Merci pour votre confiance, vos crédits seront convertis en tokens GPT-5. » Certains pleurent, d’autres rient. « On a eu six mois de rêve, c’est déjà plus que la plupart des start-up », sourit une directrice artistique parisienne qui a vendu 400 clips générés à des agences de pub. Elle a déjà basculé sur Runway et Kling. La guerre des modèles vidéo ne fait que commencer, mais Sora, elle, est déjà un souvenir.
OpenAI refera de la vidéo, promet-on. Quand le droit aura rattrapé la techno, quand le kilowatt-heure coûtera moins qu’un clic. D’ici là, l’entreprise la plus valorisée du monde vient de prouver qu’elle sait aussi effacer ses traces. Une première dans la Silicon Valley : tuer sa star avant qu’elle ne devienne un classique. Désormais, le vrai spectacle ce sera le chiffre d’affaires, pas le storyboard.
