Nvidia enterre les rtx 50 super et prépare feynman : 2000 w dans la carte graphique de demain
La machine est en marche, mais le calendrier a sauté. NVIDIA ne sortira pas de RTX 50 Super : première rupture du rythme annuel depuis que la marque domine le marché des GPU. Jensen Huang ne laisse pas l’initiative à AMD, Intel ou aux cartes chinoises Lisuan ; il change de tempo et de ton. Le 16 mars 2026, à sa conférence GTC, il dévoilera Feynman, une architecture gravée en 1,6 nm chez TSMC, capable d’engloutir jusqu’à 2000 W pour doubler la densité de calcul d’IA. Le message est limpide : la guerre des puces devient une guerre des centrales électriques.
Du 4 nm à 1,6 nm, la course s'accélère
Chaque saut de nœud démultiplie les transistors ; ici, ils serient 70 % plus nombreux que dans Blackwell. Le secret ? Le procédé A16 de TSMC, premier au monde à intégrer des rails d’alimentation arrière (SPR). Résultat : 20 % de gain d’efficacité énergétique, mais une faim de watts qui fait dresser les sourcils des data-centers. NVIDIA répond déjà : refroidissement liquide en standard, boîtiers EMIB-T d’Intel pour réduire la dépendance au CoWoS de TSMC. Le coût de fabrication ? Il grimpe, mais le tarif des GPU pro restera vérouillé tant qu’OpenAI, Meta et Google paieront.
Le calendrier se resserre. Rubin, la génération intermédiaire, arrive fin 2025. Feynman, lui, pointera en 2028-2029. Entre-temps, les GeForce RTX 60 et 70 hériteront dès 2026 d’une déclinaison grand public : moins de cœurs, mais le même nœud 1,6 nm. Objectif officiel : maintenir 30 % d’écart face à RDNA 5 et Battlemage Next. Objectif officieux : empêcher Intel de grappiller les 18 % de parts de marché qu’il vise d’ici trois ans.

2000 W, la nouvelle norme du haut de gamme
Un double-chip Feynman atteindra la barre des 2000 W en charge. Pour les stations de travail, c’est une révolution : rendu 3d temps réel, modèles de 500 milliards de paramètres entraînés localement, juxtaposés à des flux d’infrérence en 4K/240 ips. Pour les particuliers, c’est une facture d’électricité qui doublera. NVIDIA prépare un kit de mise à jour de BIOS qui verrouillera la carte à 600 W si le bloc d’alimentation n’est pas certifié ATX 3.2. Une manière élégante de dire : équiper-vous ou passez votre chemin.
Derrière le rideau, la firme teste déjà des « LPUs » – des unités de raisonnement – greffées à côté des cœurs CUDA. Fonction : exécuter des chaînes de prompts complexes sans saturer la VRAM. Leaks internes évoquent 2,5× le débit d’une RTX 5090 sur Llama-4 405 B. Un chiffre qui, s’il se confirme, fera oublier les 150 °C que certains exemplaires de la 5090 atteignent déjà en jeu. Car la chaleur, justement, devient le principal ennemi : même les waterblocks de 360 mm peinent à stabiliser les fréquences boost au-delà de 3 GHz.
Marché, écologie, infrastructure : le triple dilemme est posé. Les data-centers américains consommeront 8 % de l’électricité nationale d’ici 2030, d’après l’EIA. NVIDIA, en fournisseur dominant, en prendra 35 %. Washington réfléchit à une taxe carbone spécifique GPU ; l’Union européenne impose déjà un rapport PUE de 1,2 maximal pour toute nouvelle salle serveur. Jensen Huang l’a compris : Feynman ne se vendra pas seul, mais avec des contrats d’énergie renouvelable signés d’avance. Le client paiera la puce, puis l’abonnement vert.
Reste le prix. Aucun chiffre officiel, mais les fonderies facturent déjà 30 % plus cher chaque nœud. Une RTX 6090 Ti « Feynman » pourrait dépasser 2500 €, la version 2000 W frôler 4000 €. Le segment pro, lui, dépassera les 20 000 € pour le duo GPU-CPU Grace-Feynman. Pour les gamers, la pilule passe grâce au DLSS 4 généré en hardware, promettant 8K natif à 240 ips. Pour les studios, c’est l’occasion de réduire de moitié le temps de rendu d’un film d’animation. Pour le reste du monde, c’est une addition salée, mais une évidence : celui qui contrôle le GPU IA contrôle le cloud, et celui qui contrôle le cloud façonne l’information.
La roulette tourne. Rubin dans neuf mois, Feynman en trois ans, puis une architecture « Hopper Next » déjà esquissée. NVIDIA ne vend seulement des puces : elle vend du temps de calcul compressé, de l’énergie transformée en modèle prédictif. Les RTX 50 Super n’existeront pas ; peu importe, l’avenir s’appelle Feynman, et il brûle déjà les compteurs à 2000 W. À vous de voir si votre ligne électrique, et votre budget, tiendront le coup.
