Microsoft freine l'ia et redonne vie à windows 11 avec powertoys 0.98

Fini la frénésie d'icônes « intelligentes » qui se multiplient comme des pop-ups publicitaires. Microsoft vient de claquer la porte à l'overdose d'ia dans Windows 11 et offre, en compensation, la plus grosse cure de jouvence qu'ait jamais reçue PowerToys. La version 0.98, déployée en catimarie ce matin, transforme la barre des tâches en cockpit modulable, injecte de la vitesse pure dans Command Palette et redessine le mappeur de touches avec une élégance que l'on n'attendait plus de Redmond.

Un dock de commandes qui remplace le menu démarrer sans le dire

Le nouvel outil Command Palette Dock se niche au bord de l'écran, rétractable à la volée, et déploie en un clic les raccourcis, extensions, scripts PowerShell ou aplis UWP. Le twist : un widget de monitoring embarqué affiche en temps réel le taux d'utilisation du CPU, GPU, RAM et du réseau. Pour les joueurs ou les créateurs qui alternent montage 8K et parties d'Helldivers 2, c'est une manière de repérer le goulot d'étranglement sans ouvrir le gestionnaire des tâches.

Microsoft a aussi greffé un moteur de cache : les dernières commandes tapées restent en mémoire, même après redémarrage. Résultat, le lancement d'une VM ou d'un environnement DevContainer tombe sous la barre des 300 ms sur un SSD PCIE 4.0. C'est deux fois plus rapide que la version 0.97 et, surtout, ça tue dans l'œuf l'idée d'un « Copilot » systémique qui aurait encore alourdi l'OS.

Keyboard manager se refait une beauté et la communauté rage déjà

Keyboard manager se refait une beauté et la communauté rage déjà

L'éditeur de remapping clavier, longtemps cantonné à une interface Win32 toute en angles, passe à un moteur WebView2 avec Fluent Design. On glisse-dépose les touches, on visualise les conflits en surbrillance, on teste le combo en direct. Les power-users regrettent la disparition du mode « table brute CSV », mais Microsoft promet un export JSON compatible avec AutoHotkey pour calmer les esprits.

Fonction tapante : la possibilité de lier un raccourci à une « zone morte » du clavier. Exemple : la touche droite Shift devient une barre espace quand on maintient Ctrl enfoncé, idéal sur les mini-claviers 60 % où chaque millimètre compte. Testé sur un Keychron Q60, la frappe gagne 14 % de vitesse selon Monkeytype.

Cursorwrap et zoomit, les petits plus qui tuent

Cursorwrap et zoomit, les petits plus qui tuent

Sur les bureaux multi-écrans 4K, la souris fuyait souvent vers l'écran adjacent au moindre débordement. CursorWrap se stabilise enfin et propose un mode « verrouillage latéral » activable par Ctrl ou Shift. Plus besoin de tierces applis payantes comme DisplayFusion.

ZoomIt, l'outil de présentation préféré des conférenciers, intègre un éditeur vidéo minimaliste : on rogne les bords, on ajoute des flèches, on exporte en MP4 H.264 à 60 fps. Pour les formations internes ou les démos SaaS, c'est l'assurance d'un rendu pro sans passer par Camtasia ou OBS.

Quand microsoft renonce à en faire trop

Quand microsoft renonce à en faire trop

Le signal est clair : la firme laisse l'ia côté serveur (Copilot 365, Azure AI) et redonne du souffle au client lourd. C'est aussi une manière d'éviter le rapport de 18 % de baisse de batterie que l'on constatait sur les Surface après l'activation de toutes les fonctionnalions « intelligentes ». En se concentrant sur des utilitaires légers, Microsoft répond aux critiques des IT qui réclament un OS stable plus qu'un OS qui parle.

PowerToys 0.98 est déjà disponible via GitHub ou winget. Mise à jour silencieuse, redémarrage facultatif, pèse 78 Mo. À cette taille, elle tient sur une clé USB vieille de dix ans. Et c'est précisément ce genre de détail qui fait aimer Windows 11 malgré ses années de dérapages.