Huang lance openclaw, l’agent ia qui veut remplacer windows
Jensen Huang n’a pas fait dans la dentelle. Sur la scène du GTC 2026, le PDG de Nvidia a propulsé OpenClaw comme le « nouvel ordinateur » des entreprises, un agent autonome capable de transformer chaque salarié en super-ingénieur. Le message est limpide : ceux qui n’adopteront pas cette stratégie « seront has-been d’ici 2028 ».
De clawdbot à openclaw, la trajectoire d’un ovni
À l’origine, il s’agissait d’un side-project de Peter Steinberger, un développeur vienois fan de langage fonctionnel. Son bot, rebaptisé trois fois en deux ans, a fini par séduire la vallée tout entière. La raison ? Un moteur qui génère des workflows complets à partir d’une simple phrase en langage naturel. « J’ai testé : j’ai demandé “planifie mon audit RGPD” et j’ai reçu 47 pages de procédure, signées, horodatées, conformes », glisse un VP ingénierie chez Snowflake. Le 14 mars, Steinberger a été embauché à prix d’or par OpenAI. Le projet, lui, est resté open-source. Nvidia a immédiatement saisi l’opportunité.
Huang compare l’impact d’OpenClaw à celui de Linux ou de Kubernetes. « Mais le vrai parallèle, c’est Windows 95, assure une source proche du board. Microsoft a démocratisé le PC, Nvidia veut démocratiser l’agent personnel. » Objectif : un milliard d’instances actives d’ici 2027. Pour y parvenir, le fondeur lance NemoClaw, une version corporate verrouillée : filtres réseau, routeurs de confidentialité, sandboxing bare-metal. « On ne veut pas que votre QA prompte par mégarde le code source de la Fed sur GitHub », ironise Ian Buck, VP solution AI.

Tokens comme salaire : la rémunération du futur
Salle comble, Huang a dégainé une autre bombe : demain, recruter un ingénieur sans offrir de tokens ia sera aussi ringard qu’un package sans stock-options. Les tokens – unités de calcul GPU consommées – représenteront jusqu’à 50 % de la rémunération totale. L’argument choc : un dev pourra devenir « 10× plus productif » en chaînant des agents OpenClaw sur des clusters dédiés. « J’ai déjà vu des start-up série A proposer 300 k tokens mensuels, soit 180 000 dollars de compute, en sus du fixe », confie une tête chasseuse de Menlo Park. Le marché secondaire des tokens s’organise : des desks OTC prévoient des futures sur GPU-hours d’ici l’été.
Reste la question de la sécurité. « Un agent qui peut lire, écrire, compiler et déployer est aussi un agent qui peut fuiter ou saborder », note un CISO chez JPMorgan. Nvidia répond avec NemoClaw, mais aussi par une série de hackathons « red team » : 10 000 dollars à qui parvient à faire fuir un prompt d’entreprise. « On veut casser notre propre jouet avant les Chinois », lance Huang, mi-sérieux, mi-blagueur.
La clôture fut brève, presque abrupte. Huang a projecté une slide noire, un seul chiffre en blanc : 1 000 000 000 000. Le montant, en dollars, des commandes anticipées de puces Blackwell et Rubin jusqu’en 2027. Aucun commentaire. Le public a applaudi, mais dans la salle, on chuchote déjà la prochaine étape : lorsque les agents se paieront en tokens, qui paiera les agents ?
