Microsoft finit l’ère des apps web sur windows 11 et relance la guerre des performances
Microsoft vient d’admettre ce que des millions d’utilateurs crient depuis trois ans : les applications Windows 11 qui rament, dévorent la RAM et se figent à la moindre notification sont un échec. La firme annonce la création d’une cellule secrète chargée de réécrire ses logiciels en code natif, pilotée par Rudy Huyn, l’architecte à qui l’on doit déjà les versions mobiles de Dropbox et Snapchat. Objectif : tuer les PWA et autres couches d’Electron qui font passer un Core i9 pour un Pentium du siècle dernier.
Pourquoi cette volte-face tombe aujourd’hui
Le timing n’est pas un hasard. Les PC Copilot+ à base de Snapdragon X Elite débarquent dans six semaines, promettant 22 heures d’autonomie et des performances graphiques x2 face à Apple Silicon. Impossible de vendre une telle bête si Clipchamp met 14 secondes à ouvrir ou si Copilot consomme 700 Mo pour afficher trois bulles de dialogue. Le message est limpide : sans applications dignes de ce nom, le surcoût matériel devient inutile.
La nouvelle équipe, recrutée sur LinkedIn sans exiger la maîtrise de Win32, part d’une feuille blanche. Huyn cherche des « product visionaries », des obsédés de la fluidité capables d’écrire du WinUI 3 aussi réactif que l’interface d’un iPad. Premier chantier : refondre Photos, Mail et Calendar avant la rentrée. Deuxième chantier : convaincre Meta d’abandonner son Chromium empaqueté dans WhatsApp Desktop, responsable de 400 Mo de RAM en standby. Rien que ça.

Le mot « natif » reste un pari à haut risque
Car Microsoft a déjà juré, en 2021, que Teams était une « application native ». Résultat : un wrapper React qui se refresh quand on clique sur « réunion ». Cette fois, la consigne interne est plus stricte : zéro iframe, zéro WebView2 en arrière-plan, et du C++ quand c’est possible. Mais le catalogue actuel compte 170 apps maison. Les équipes Android et iOS de Surface Duo ont été dissoutes l’an passé ; les développeurs restants crachent sur WinUI, jugé bogué et incomplet. Gagner la guerre, c’est aussi réparer la caserne avant la bataille.
En coulisses, la direction fixe un KPI impitoyable : toute appli de première partie qui dépasse 150 Mo de base installable sera automatiquement renvoyée à la refonte. Une source proche du dossier évoque même une note de frais attribuée à la team qui réduira le plus la consommation CPU en idle. On n’était plus à ça près de transformer Redmond en start-up.
Reste la question des éditeurs tiers. Adobe engrange 40 % de ses revenus Windows via un Photoshop-Electron hybride. Spotify et Slack idem. Leur business repose sur le cross-platform ; refaire 15 clients natifs reviendrait à brûler 200 M€ par an. Microsoft peut-il leur offrir des API exclusives ? Un store qui réduise la commission ? Pour l’instant, silence radio. Huyn tweete des GIF fluides, pas un plan économique.
Si l’offensive réussit, Windows 11 pourrait redevenir le système le plus véloce du marché, un an avant le lancement d’Windows 12. Si elle échoue, la fracture sera définitive : d’un côté les machines « Copilot+ native » qui décollent, de l’autre un écosystème d’apps web qui traine comme en 2015. Le pari est lancé ; la prochaine build Insider, livrée la semaine prochaine, montrera si le géant a retrouvé ses muscles ou s’il s’est encore pris les pieds dans le wrapping.
