Meta sacrifie 1 000 postes : l’ia a son prix
1 000 vies professionnelles balayées en quelques clics. C’est le prix que Meta accepte de payer pour nourrir son réseau de neurones artificiels. La direction a confirmé mardi une nouvelle vague de départs, principalement dans les ventes, le recrutement et le hardware de Reality Labs, la division qui rêvait encore hier de lunettes à IA et de métavers fluide.
Des licenciements camouflés en « opportunités de reclassement »
L’entreprise parle de « restructuration périodique ». Les concernés parlent de chèques de départ et de changements de code postal imposés. Si l’on en croit le porte-parole, « chaque collaborateur touché se verra proposer une mutation ou un nouveau rôle ». Sauf que, dans les faits, les équipes hardware de Menlo Park à Zurich apprennent la nouvelle par e-mail, avec une invitation à se « réinventer » à Austin ou à Dublin, sans garantie de grade équivalent.
La cifra habla por sí sola : sur 79 000 salariés fin 2023, le groupe a déjà évacué plus de 21 000 postes depuis 2022. Reality Labs, centre névralgique des expérimentations AR/VR, a perdu 1 000 personnes supplémentaires en janvier. Le message est limpide : les écrans futuristes ne rapportent pas assez pour compenser les 13,5 milliards de dollars brûlés chaque trimestre dans les data-centers dédiés à l’IA générative.

Zuckerberg mise 600 milliards pour dompter le monstre algorithmique
Mark Zuckerberg ne lâche pas la proie pour l’ombre. Il vient d’annoncer 600 milliards de dollars d’investissement infrastructurel d’ici 2028 rien qu’aux États-Unis. Objectif : construire le plus grand réseau de serveurs GPU du monde, capable d’entraîner des modèles LLaMA 4, 5, 6 et au-delà. Le directeur technique, Andrew Bosworth, assure déjà que « plus de 30 % du code produit chez Meta est suggéré ou révisé par nos agents IA ». Traduction : le cerveau humain devient superviseur de lignes générées automatiquement.
El detalle que nadie cuenta : la firme vient de débaucher une dizaine de vice-présidents de Google DeepMind, offrant des millions d’actions pour attirer les gourous du reinforcement learning. Le couturier de réalité virtuelle se transforme en usine à puces neuronales, même si cela signifie fermer le laboratoire qui devait nous coller des lunettes sur le nez.
À Wall Street, les analystes applaudissent. Le titre Meta a grimpé de 38 % depuis janvier, porté par la promesse de marges automatiquement gonflées. Le marché adore les machines qui remplacent des salaires. Les 1 000 familles qui déballent leurs cartons à la sortie du campus de Menlo Park aiment nettement moins la équation.
La sentence tombe : l’IA n’est plus un projet, c’est un filtre. Ceux qui savent programmer le prompt survivront. Les autres seront relégués au rayon « legacy ». Meta vient de l’illustrer sans fioritures : le futur se construit avec des licenciements, pas avec des licornes.
