Meta rafle l'équipe de dreamer pour fabriquer des agents ia sur-mesure
Meta vient d’engloutir la startup Dreamer, à peine sortie du bois, et récupère son staff de têtes brûlées : Hugo Barra, ex-patron VR de Meta, David Singleton, ex-CTO de Stripe, et Nicholas Jitkoff, ancien de Chrome OS. Mission : transformer chaque utilisateur en développeur d’agents intelligents capables de coder, planifier et réagir en temps réel.
Le super-lab qui veut rendre l’ia omniprésente
Les nouveaux venus intègrent Meta Superintelligence Labs, la division secrète pilotée par Alexandr Wang, le prodige de Scale AI devenu directeur IA de Meta. Wang leur a promis carte blanche sur les puces, les serveurs et les données de l’empire. Objectif annoncé : « des agents toujours actifs, adaptés à chaque surface et chaque appareil ». Traduction : vos lunettes Ray-Ban, votre Quest 3, votre fil WhatsApp bientôt peuplés de doubles numériques qui bossent pour vous.
Le montant reste scellé, mais les investisseurs récupéreront plus que leur mise initiale de 56 millions de dollars. Dreamer garde sa structure légale et accorde à Meta une licence non exclusive. Une formule hybride qui permet à Zuckerberg d’absorber le talent sans écorner son bilan de cash.

Des vétérans de la tech qui connaissent les couloirs de menlo park
Barra n’est pas un inconnu à Menlo Park : il y a déjà dirigé la VR entre 2017 et 2021 avant de partir chez Xiaomi. Singleton, lui, a construit l’infrastructure paiement de Stripe, Jitkoff a dessiné l’interface de Chrome OS. Trois CV qui font trembler les équipes internes : on parle de « red team » interne pour tester la résilience des modèles de Meta avant qu’ils ne sortent.
La timeline est brutale : Singleton a montré son prototype à Zuckerberg en janvier, l’accord est signé en mai. Six mois bouclés, record même pour une boîte qui met trois ans à valider un changement de logo.

Deux milliards déjà dépensés, la course est lancée
Avec l’acquisition récente de Manus pour 2 milliards et celle, plus discrète, du réseau social d’agents Moltbook, Meta cumule les armes. Wang affirme que les agents deviendront « le nouveau système d’exploitation » de l’écosystème. Le pari : faire oublier les apps en les remplaçant par des entités conversationnelles qui réservent votre Uber, allument votre thermostat et rédigent votre déclaration d’impôts sans que vous touchiez un clavier.
Derrière le vernis marketing, la guerre des talents fait rage. Google et OpenAI offrent des millions en stock-options ; Meta réplique en achetant des startups entières et en laissant leurs fondateurs reprendre leurs bureaux dès le lendemain. Le message est clair : on ne recrute plus des ingénieurs, on recrute des armées.
Reste la question du modèle économique. Les agents gratuits génèrent des coûts de calcul faramineux. Meta compte sur la publicité ciblée et les abonnements professionnels pour rentabiliser l’effort. Premier test : lancement commercial d’ici la conférence Connect d’automne. Si les utilisateurs adoptent, la valuation de 500 millions de Dreamer pararait vite dérisoire. Sinon, la facture énergétique grignotera les marges déjà sous pression.
Silicon Valley a choisi son camp : l’avenir ne tiendra pas dans une appli mais dans un hôte numérique qui ne dort jamais. Zuckerberg vient d’acheter l’équipe qui sait le construire. Les autres n’ont plus qu’à compter leursGPU.
