Meta prépare un tsunami de licenciements pour financer sa folie de l’ia
Les couloirs de Menlo Park sentent déjà l’odeur du carton et du café froid. 16 000 postes — soit un cinquième des effectifs mondiaux de Meta — sont sur la sellette, selon deux cadres internes en contact direct avec le plan que la direction n’ose pas encore appeler « purge ». Motif officiel : financer la course à la superintelligence. Motif réel : calmer Wall Street pendant que la facture des data-centers dépasse les 600 milliards de dollars d’ici 2028.
La consigne est tombée : « trouvez 20 % de visères à fermer »
Aucune enveloppe budgétaire, aucun calendrier, juste un ordre laconique transmis aux managers la semaine dernière : préparez des scénarios de réduction des coûts « compatibles avec l’investissement IA ». Concrètement, on demande à chaque équipe de dessiner une version d’elle-même amputée d’un bras. Le silence radio est tel que même les VP ignorent s’ils seront du voyage. « On nous parle d’“ajustement structurel”, mais dans les faits c’est un plan de départs massifs, glisse l’un d’eux. Le mot “licenciement” est tabou, alors on parle de “flattening”. »
La dernière fois que Meta a aussi bien aiguisé ses ciseaux, c’était en 2022 : 11 000 salariés à la porte, puis 10 000 de plus en 2023. La différence, c’est que la boîte n’est plus en crise boursière, elle est en crise de croissance. Résultat d’exploitation en hausse, mais le marché exige des marges plus grasses encore. Solution : remplacer des équipes entières par une poignée de chercheurs en AI dont le salaire annuel frôle le million, plus stock options.

Reality labs déjà saigné à blanc
Les 1 500 suppressions de postes dans la division réalité virtuelle en janvier n’étaient qu’un échauffement. Depuis, le groupe a créé une nouvelle structure d’ingénierie IA où un manager supervise jusqu’à 50 ingénieurs. Ratio inédit dans l’histoire de la boîte, conçu pour que les rapports hiérarchiques ressemblent à des organigrammes de start-up en mode survie. « Zuckerberg cite en réunion des projets qui demandaient 30 personnes et qui tournent aujourd’hui avec un seul génie », raconte un ingénieur. Traduction : la moitié de mes collègues sont déjà des variables d’ajustement.
Derrière la façade « efficacité », le pari est simple :convaincre les investisseurs qu’un modèle type Avocado ouMango — les deux nouveaux LLM en retard de six mois — peut générer plus de cash qu’un réseau social dont l’audience stagne. Raté : les versions beta de Llama 4 ont affiché des benchmarks truqués, Behemoth a été enterré sans même être lancé. Résultat : plus besoin d’armée de modérateurs, d’équipes produit, de sales. Juste des GPU et quelques cadres sacrifiés sur l’autel de la marge.

Silicon valley suit le même scénario
Atlassian vient d’annoncer 1 600 départs, Block réduit son effectif « grâce à l’IA », et Google prépare sa propre vague pour l’automne. Le credo se diffuse comme une épidémie : moins de têtes, plus de tokens. Les actionaires applaudiissent, les syndicats US négocient déjà des packages severance mirobolants, et les cadres moyens se recyclent en « prompt engineers » pour survivre.
Meta, qui emploie encore près de 79 000 personnes fin 2025, pourrait ainsi supprimer plus d’emplois en une seule fois que le total d’employés de Pinterest ou de Snap. La chasse au « cost per parameter » vient de remplacer la chasse au « cost per click ». Pour ceux qui resteront, la consigne est claire : produisez 10× plus avec 3× moins ou rejoignez la liste des « leavers » du mois prochain.
Andy Stone, le porte-parole, balaye l’histoire d’un « reportage spéculatif ». Dans les open spaces, on appelle déjà ça la « saison du avocat » : on sait que le fruit est mûr, il suffit d’attendre le glissement de la main qui le cueille.
