Merlin properties lève 700 m€ en plein chaos iranien pour bâtir l’empire espagnol de l’ia
Deux semaines. C’est le temps qu’il a fallu à Merlin Properties pour transformer un slogan en blitzkrieg financier : 700 millions d’euros sortis des cartables d’Ismael Clemente le jour où les missiles pleuvent sur Ormuz. Pas un seul ticket n’a dévié. Santander et Nortia ont signé leur souscription avant même que la Bourse ne flanche, scellant la première tranche d’un plan de 15 milliards d’ici 2031.
Le « de mega à giga » devient cash
La socimi a troqué son costume de bailleur d’espaces de bureaux contre la combinaison d’installateur de centres IA. Objectif : 2,2 GW de puissance en Europe d’ici 2030, soit sept fois la capacité actuelle espagnole. Le tout fabriqué en Union européenne et pays OCDE, histoire d’éviter la menace d’un embargo américain sur Nvidia.
L’arme secrète s’appelle Edge, la filiale d’Endeavour qui apporte la technologie pendant que Merlin garde les clés du bâtiment et les loyers. Résultat : qualification validée chez trois des quatre hyperscalers Tier-1 (Amazon, Meta, Google), partenariat verrouillé avec Nvidia, et déjà 44 MW opérationnels qui passeront à 730 MW en 2031. Le délai de livraison ? 15 mois sous la moyenne du secteur. Le concurrent le plus proche, ACS-Turner, traîne encore ses câbles à 5 000 km.

Navalmoral de la mata, le nouvel eldorado numérique
Sur la table, la phase IV : un megacampus de 1,4 GW à Navalmoral, à côté de la centrale nucléaire d’Almaraz et des parcs photovoltaïques d’Iberdrola. Prix du ticket : 1,9 milliard d’euros, extensible à 15 milliards si le réseau électrique suit. Le corridor ibérique devient la « Diagonal Digital Ibérica », nœud stratégique entre câbles transatlantiques et landing stations de Marseille et Tétouan.
La carotte pour les investisseurs : le data-center passera de 6 % à 65 % du chiffre d’affaires de Merlin en moins de cinq ans, avec 1,15 milliard de loyers bruts annuels en ligne de mire. Le pipeline restant : 5,1 GW supplémentaires, soit l’équivalent de trois centrales nuclaires en puissance de calcul.
Et pendant que Blackstone, AWS ou QTS rament pour obtenir leurs permis, Merlin a déjà 20 mois d’avance. La prochaine échéance ? Avril 2025, cinq ans exactement après que Jakob Carnemark a serré la main d’Ismael Clemente. L’alliance tiendra-t-elle face à la guerre qui fait flamber les taux et les coûts d’énergie ? Réponse en Bourse : les 460 millions restants ont été bouclés en trois jours. Le marché a parlé, il a acheté le récit. Le reste, ce ne sont que des serveurs qui chauffent.
