L’or s’effondre de 7 % : la guerre en iran fait saigner le métal jaune

L’or vient de vivre sa pire semaine depuis le krach Covid de mars 2020. En sept jours, le lingot a perdu 7 %, décrochant à 4 685 dollars l’once. La faute à une alliance explosive : blocus de l’or de Hormuz, dollar qui flambe et obligations du Trésor qui attirent la manne. Résultat : les marchés enterrent l’idée d’un assouplissement monétaire et le métal refuge devient un poids mort.

Le déclencheur : un détroit fermé, une inflation ravivée

Le 18 avril, l’Iran a placé des mines sous le détroit d’Hormuz. En réponse, la coalition américano-israélienne a frappé les installations pétrolières du pays. Le baril a bondi de 22 % en deux jours. Les traders ont aussitôt revu leurs scénarios : taux d’intérêt hauts plus longtemps. L’or, qui ne rend pas de coupon, a été largué. « Le carry trade s’est inversé, résume un gérant de hedge fund genevois. On préfère le 5 % garanti d’un T-Bill à la promesse d’un brillant sans yield. »

Les ETF physiques ont coulé : 62 tonnes liquidées depuis le 15 avril, la troisième sortie hebdo de suite. Les banques centrales, pourtant acheteuses depuis deux ans, ont mis leur carnet en veille. « Elles attendent 4 500 $ pour recharger, glisse Grant Sporre, analyste chez Bloomberg Intelligence. À ce niveau, la valeur d’inventaire redevient séduisante. »

Les métaux compagnons traînent aussi dans la boue

Les métaux compagnons traînent aussi dans la boue

L’argent a glissé de 10 % sur la semaine, le palladium de 8 %, le platine de 5 %. Seul le dollar trône : l’indice Bloomberg Dollar Spot grignote 0,2 % supplémentaire, multipliant le coût de l’or pour les détenteurs d’euros ou de yens. « C’est un effet ciseau, explique Robert Gottlieb, ex-trader chez JPMorgan. Le billet vert monte, l’once descend. Les deux lames se referment sur le portefeuille. »

Reste une lueur : le RSI 14 jours du métal jaune est à 35, seuil de survente technique. Zhishui Investment y voit « un rebond éclair avant la chute finale », et recommande des shorts additifs. Le fonds chinois vise 4 300 $ d’ici juin si les négociations sur Ormuz restent bloquées.

En janvier, l’or flirtait avec 5 600 $. Depuis, il a perdu 16 %. Pour les particuliers qui s’étaient rués sur des lingots, la facture dépasse déjà 1 000 $ par once. La leçon ? Quand la guerre s’invite au porte-monnaie, le refuge devient un mirage. Le métal ne brille plus : il saigne.