L’indice s&p 500 clignote rouge : la contre-offensive iranienne n’a pas fini de faire mal
Wall Street fait les frais d’un scénario qu’elle croyait bouclé. Trois semaines après le raid américano-israélien sur Téhéran, le S&P 500 dévisse de 8 % et, surtout, les modèles internes de Ned Davis Research viennent de basculer en mode « vente ». Traduction : le pire n’est pas exclu.
Signal golden pass : un repli de 7,2 % qui fait tilt
Dès lors que l’indice recule de plus de 7,2 % par rapport à son plus haut des 52 dernières semaines, l’algorithme historique de NDR – testé sur 79 ans de cotations – crie à l’évitement. On y est : –9 % en clôture vendredi. London Stockton, le stratège de la maison, prévient ses clients : « La tendance s’est dégradée sur la majorité de nos modèles, passez aux commercial paper à court terme. » Le message est limpide : liquider, ou au minimum se couvrir.
Derrière la statistique, c’est la peur d’une spirale pétrolière qui rejaillit. Le détroit d’Ormuz, bouclé en février par un blocus surprise, laisse encore 20 % du pétrole mondial en rade. Les raffineries grecques et italiennes tournent au ralenti, les stocks américains de brut s’effondrent de 8,4 millions de barils la semaine passée, et le prix du WTI repasse la barre des 92 $. Le reflux boursier n’est plus un simple reflexe de risk-off ; il devient le pari que la Fed devra revenir sur ses promesses de baisse de taux.

La croix de la mort pointe son nez
Deuxième indicateur : la moving average à 50 jours (6 803 pts) frôle désormais celle à 200 jours (6 636 pts). Un « death cross » officialiserait l’entrée en marché baissier structurel, scénario observé en 2009 puis en 2022. Stockton tempère : « Le rebond peut surgir dès le lendemain du croisement, mais pour les cycles longs c’est la confirmation que la dégringolade n’est pas un simple épisode. »
Le volume confirme la panique. Le ratio offre-demande sur les ETF S&P 500 est tombé à 1,25 vendredi ; s’il passe sous 0,8, NDR déclenchera une troisième consigne de cession, cette fois vers les Treasury bills trois mois. Résultat : les fonds à effet de levier ont déjà réduit leur exposition de 14 % en dix séances, selon les données Goldman Sachs Prime Services.
Reste la question qui brûle : le support technique des 4 800 points tiendra-t-il ? Si la zone cède, le prochain palier se situe 11 % plus bas, soit 4 270 pts, niveau qui effacerait tout le rally post-Covid. La dernière fois que le S&P a connu un écart aussi violent hors récession, c’était en 1987. Trente-sept ans plus tard, l’algorithme Ned Davis ne parie plus sur la chance.
