L'ia et la guerre us-iran mettent 1,5 % des actions mondiales en danger

Oslo résonne comme une sirène de marché. Nicolai Tangen, l'homme qui tient 2 100 milliards de dollars de l'état norvégien dans sa poche, vient de lancer l'alerte maximale : la bulle de l'intelligence artificielle et la tension géopolitique entre Washington et Téhéran peuvent balayer 35 % à 37 % de la valeur du plus grand fonds souverain de la planète. Une saignée de plus de 700 milliards, équivalent à la capitalisation boursière espagnole.

La bulle ia est déjà en surchauffe

Le fonds, détenteur d'Apple, Microsoft, Nvidia et Alphabet, réplique mécaniquement les indices mondiaux. Résultat : il a absorbé la hype générative sans filtre. Tangen ne parle plus de « risque théorique » mais de « bulle identifiée ». Le scénario catastrophe : une correction de 50 % sur les géants tech. Avec 70 % d'actions dans le portefeuille, la perte serait réelle, liquide, irréversible.

Le pire ? Le fonds n'a pas la moindre autonomie pour se dégager. Son mandat, fixé par le ministère des Finances, l'oblige à suivre l'indice FTSE Global All Cap. Il ne peut pas vendre, juste regarder.

Le choc pétrolier version 2025

Le choc pétrolier version 2025

Tangen redoute aussi ce qu'il appelle « l'imprévu non modélisé » : un blocage du détroit d'Ormuz, 20 % du pétrol mondial paralysés, les prix qui flambent et les taux qui repartent à la hausse. Le fonds, qui vit des excédents pétroliers norvégiens, deviendrait victime de sa propre source de richesse. L'ironie est nordique.

Et la Norvège, troisième pays au classement de développement humain de l'ONU, dépend aujourd'hui plus des dividendes de Wall Street que des litres de brut de la Mer du Nord. En 2024, les transferts du fonds ont couvert 25 % du budget national. Une manne qui finance écoles, hôpitaux et congés maladie. Si la manne disparaît, le modèle social vole en éclats.

Le passif absolu d

Le passif absolu d'un géant

Contrairement à Mubadala ou au FPI saoudien, qui pivotent vers les infrastructures ou les données, le NBIM reste un « tracker géant ». Il ne choisit pas, il expose. Il ne parie pas, il subit. Cette passivité, louable en période bull, devient un piège mortel quand les vents tournent.

La règle qui interdit d'investir en Norvège pour éviter la « maladie hollandaise » l'empêche même de défendre l'économie locale. Le pays produit moins, innove moins, et voit sa productivité glisser derrière celle de la Suède ou de l'Allemagne. Le fonds a gagné 7,45 % sur cinq ans, mais le pays a perdu en dynamisme industriel ce qu'il a gagné en rente financière.

Tangen le clôt sans appel : « La stabilité n'a jamais été aussi instable. » Le fonds le plus riche du monde n'a pas de parachute, juste un miroir qui reflète la folie des marchés. Quand le miroir se brise, c'est toute une nation qui saigne.