L'ia broie la génération z : un jeune sur trois va se ramasser au chômage
Bill McDermott, CEO de ServiceNow, balance le chiffre comme une sentence : 30 % des moins de 27 ans seront au chômage d’ici deux ans. Pas dans une dystopie lointaine, mais demain matin. La faute à l’intelligence artificielle qui, en automatisant les tâches d’entrée de gamme, supprime le point d’accès traditionnel au marché du travail.
Le robot est le nouveau stagiaire
À 22 ans, avec un master en poche, on vous jette dans une arène où les agents autonomes rédigent les comptes-rendus, classent les mails et gèrent les SAV. Résultat : les postes d’assistant, d’analyste junior ou de chargé de support – tremplins hier – deviennent des coûts variables à effacer. McDermott ne pleure pas : il signe en parallèle un partenariat avec OpenAI pour vendre… les mêmes outils qui tuent ces jobs. Ironie ou stratégie, le message est clair : adapte-toi ou disparais.
Google, Amazon, Microsoft ont déjà sacrifié 70 000 postes en six mois. Le motif officiel ? « Re-centrage sur l’IA. » Traduction : on remplace les juniors par des APIs. La start-up française Mistral vient de lever 600 M€ pour faire la même chose côté vieux continent. Le tour de vis est mondial.

La génération z prise en tenaille
Coincée entre des patrons qui réclament « cinq ans d’expérience » et des algorithmes qui font le boulot mieux et plus vite, la cohorte née après 1997 se voit refuser l’échelle d’accès. Le contrat pro, l’alternance, le VIE : autant de dispositifs qui se vident d’un seul coup. Le taux de chômage des 15-24 est déjà à 9 % en France; il va doubler, dit McDermott, sans qu’aucun plan de reconversion ne soit prêt.
L’État promet 500 000 formations « IA & numérique » d’ici 2027. Beau programme, sauf que la majorité des jeunes formés n’obtiennent pas de certificats reconnus par les entreprises. Résultat : des diplômes sans débouchés, des débouchés sans diplômes. Le mismatch est brut.
Et le délire ne s’arrête pas aux bureaux. Les fast-food testent des caisses vocales, les entrepôts des cobots pickers, les plateformes de livraison des drones. Chaque innovation efface une file d’attente de primo-emplois.
Les grands pontes du secteur – Altman, Gates – claironnent que « l’IA créera de nouveaux métiers ». Peut-être. Mais le créneau est étroit : prompt engineer, data curator, rédacteur de datasets. Trois fonctions qui demandent déjà un bagage technique que le lycéen moyen n’a pas. Le temps d’apprendre, le train est déjà parti.
Le constat est saisissant : la révolution algorithmique n’a pas de file d’attente humaniste. Elle avale les échelons, racle le bas de la pyramide et laisse sur le carreau ceux qui n’ont pas encore eu le temps de grimper. La génération Z rêvait de flexibilité ; elle hérite de la précarité en mode automatique.
