Le brent bondit à 115 $, l’iran sous tension fait trembler le marché
Le baril de Brent a claqué la porte des 115 $ ce lundi matin, enflammé par la crainte d’un front pétrolier iranien. En quelques heures, +3 % : le pétrole renoue avec ses sommets de juillet 2022, lorsque l’invasion russe avait déjà mis le monde à genoux.

Les houthis sortent l’artillerie lourde
Depuis leur nid yéménite, les rebelles zaydites ont tiré une salve de missiles vers Israël et promis de bloquer le détroit de Bab el-Mandeb, couloir par lequel transite 7 % du pétrole mondial. Leur ligne rouge : que cessent les frappes israélo-américaines contre Téhéran et le Hezbollah. Washington a répliqué en déployant des milliers de marines autour du golfe Persique, préparant, selon des sources du Pentagone, des opérations terrestres « qui pourraient s’étaler sur plusieurs semaines ».
La menace ne se limite pas aux détroits. Kharg, l’île-terminal iranien qui expédie 90 % des brut national, est dans le viseur. Donald Trump l’a dit en clair au Financial Times : « On pourrait s’approprier ce pétrole, exactement comme au Venezuela. » Une déclaration qui fait frémir les traders : une saisie de Kharg couperait instantanément 1,5 million de barils par jour à l’offre.
Conséquence immédiate : les hedge funds se rueront sur les calls à 130 $, niveau que le marché n’avait plus effleuré depuis 2008. Les raffineries européennes, déjà à 86 % de taux d’utilisation, n’ont plus de marges de manœuvre. Le gazole, lui, flirte avec 1 200 $ la tonne à Rotterdam, un prix qui se répercutera dans les prix à la pompe d’ici quinze jours.
Les banques centrales, coincées entre inflation rampante et croissance moribonde, verront leur ligne de défense sauter si le baril reste au-dessus de 110 $ plus d’un mois. L’économie mondiale n’a pas digéré le choc de 2022 ; un second, elle le crache.
Derrière les courbes de prix, c’est le scénario d’un Proche-Orient en feu qui se dessine. Et pour l’instant, aucun protagoniste ne daigne tendre la main. Le baril, lui, ne fait que traduire la peur au comptant.
