L'asie plonge, l'or et le pétrole flambent : la guerre iran-usa dérape en cauchemar économique

Tokyo perd 3,3 % en deux heures, Séoul 3 %. Le baril de Brent franchit 115 $, l’aluminium bondit de 6 %. Le Handala Hack Group iranien vient de dévoiler 15 cahiers d’attaques contre l’infrastructure américaine, et les marchés, eux, dégainent leur propre arme : la fuite.

Les hutis entrent, les ordinateurs vendent

Dimanche soir, les milices yéménites appuyées par Téhéran ont franchi la frontière saoudienne. Lundi matin, les serveurs d’algorithmes de Tokyo ont déclenché des ordres de vente à la chaîne. Résultat : le Nikkei 225 efface 3,3 %, son plus lourd repli depuis l’effondrement d’octobre 2020. À Séoul, le Kospi dégringole de 3 %, traînant dans son sillage Samsung (-4,2 %) et SK Hynix (-5,7 %), deux poids lourds déjà asphyxiés par le coût de l’énergie.

Le déclic ? Une note interne de Goldman Sachs fuitée à 3 h 14 (heure de Séoul) estime que la probabilité de récession globale dans les douze mois vient de bondir à 30 %. « Le marché avait misé sur un conflit éclair. Les hutis viennent de pulvériser ce scénario », résume Hebe Chen, analyste chez Vantage Global Prime.

Pétrole : 200 $ le baril si l’ormuz se referme

Pétrole : 200 $ le baril si l’ormuz se referme

Macquarie dessine deux trajectoires : 40 % de chance que le détroit soit bloqué jusqu’en juin, 60 % que la guerre s’éteigne fin avril. Dans le premier cas, le brut peut atteindre 200 $. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Pour l’instant, le Brent à 115 $ engrange déjà +90 % depuis janvier. L’aluminium, lui, flambe de 6 % après le raid iranien contre deux usines du Golfe. Le message est clair : toute la chaîne industrielle mondiale va devoir payer la facture de la géopolitique.

Bonds, or, yen : le triptyque de la peur

Bonds, or, yen : le triptyque de la peur

Les rendements des Treasuries à 10 ans reculent de 4 points de base, à 4,39 %. Les gestionnaires de Pimco, JPMorgan et Columbia Threadneedle déjà positionnés sur la durée longue grappillent leurs premiers gains. L’or touche 4 505 $ l’once, le yen gagne 0,3 % face au dollar, signe que les carry trades se défont. Même le bitcoin profite de la fuite, +1 % à 67 200 $ : les cryptos redeviennent « réserve » quand les banques centrales sonnent l’alarme.

Trump joue le double langage

Trump joue le double langage

Depuis Mar-a-Lago, l’ex-président assure avoir « obtenu 15 concessions » de Téhéran. Téhéran, lui, nie toute négociation. Wall Street finit par l’emporter : le future S&P 500 limite sa baisse à -0,1 %. « Le marché ne sait plus qui croire, alors il se contente de réduire l’exposition », résume Yugo Tsuboi, stratégiste chez Daiwa Securities.

Le résumé en trois chiffres

Le résumé en trois chiffres

1,9 % : c’est le plongeon de l’indice MSCI Asia ex-Japon, son plus bas de l’année. 94 points de base : le coût pour assurer la dette asiatique investment-grade, niveau non vu depuis mai 2025. 30 % : la probabilité désormais intégrée d’une récession américaine d’ici avril 2026. Les portefeuilles n’attendent pas la confirmation : ils liquident. La guerre, elle, ne fait que commencer.