La nasa confie à carlos garcía-galán la clé de sa future cité lunaire

Il avait quitté Torre del Mar à 18 ans avec un rêve d’adolescent : devenir astronaute. Trois décennies plus tard, Carlos García-Galán ne pilotera pas une fusée, mais il dirigera la plus ambitieuse colonie hors sol jamais conçue par l’humanité. La NASA vient de le nommer program executive de la Moon Base, la base permanente que Washington veut planter sur le sol lunaire avant 2032.

De la côte andalouse au bureau de contrôle de houston

Ingénieur en sciences spatiales du Florida Institute of Technology, García-Galán a gravi les échelons un par un. Contrôleur de vol dès 1997, il a tenu la ligne de front des missions de l’ISS, passé par Honeywell pour concevoir les systèmes de santé embarqués d’Orion, puis reintégré la NASA en 2008. Depuis, il a signé l’intégration du module de service européen, véritable cœur énergétique du vaisseau martien, et supervisé les opérations de lancement depuis Korolev, en Russie, jusqu’au Johnson Space Center.

20 milliards de dollars. C’est la somme que la NASA débloque en sept ans pour transformer la poussière sélène en ville habitable. Trois phases : accès routier à la Lune dès 2026, chantier de la base en 2029, exploration longue durée en 2032. García-Galán ne supervisera pas une simple cabane scientifique, mais la genèse d’un tremplin vers Mars.

Radiation, micrométéorites et cratères comme voisins

Radiation, micrométéorites et cratères comme voisins

Le défi ? Bâtir sous un ciel sans atmosphère, exposé à des radiations solaires capables de déchiqueter l’ADN en quelques semaines. Les températures oscillent entre –170 °C la nuit et 120 °C le jour. Les micrométéorites frappent sans prévenir. L’astuce : creuser dans les zones de lumière éternelle du pôle Sud où l’on a détecté de l’eau gelée, combustible et bouclier naturel.

L’Agence spatiale européenne avait échoué à franchir le cap en 2016. Cette fois, Washington ne lâchera pas la proie. García-Galán, décoré de la Silver Snoopy – la médaille que les astronautes eux-mêmes n’accordent qu’à ceux qui sauvent des vies dans l’espace – est l’homme de la dernière chance. Il n’aura pas de combinaison, mais sa signature figurerait sur la première dalle de béton lunaire.

La Lune n’est plus un drapeau planté en 1969 ; elle devient un chantier. Et l’Andalou qui rêvait d’étoiles va y poser les fondations de notre future espace de vie hors sol.